Jean Bizet : « Glyphosate : Pourquoi mentir ? »

Jean Bizet, Sénateur de la Manche (LR) et Président de la Commission des Affaires européennes, regrette le manque de sérénité qui entoure le débat sur le glyphosate : « L’approche du sujet est irrationnelle : si la molécule est considérée comme dangereuse par les scientifiques, elle doit évidemment être interdite sans hésitation. A contrario, lorsque l’analyse de l’ANSES, qui fait tout de même autorité en la matière, conclut que le niveau de preuve de cancérogénicité chez l’animal et chez l’homme est considéré comme relativement limité, on ne peut faire semblant de l’ignorer. », estime-t-il.

Jean Bizet déplore que les ministres de tutelles contredisent les avis des experts et décrédibilisent par voie de conséquence l’ANSES : « Pourquoi les ministres de tutelle déjugent-ils les scientifiques ? Quel est donc le rôle de l’ANSES si ses avis ne sont pas pris en considération ? Quel intérêt alors de dépenser des millions dans la recherche scientifique ? », s’interroge-t-il et de poursuivre : « Je comprends que les ministres puissent prendre parti mais pourquoi faire mentir les scientifiques ? Cette attitude est intellectuellement erronée et tout simplement humiliante pour les chercheurs. Sur un tel sujet, on ne peut se limiter à un avis politique inspiré par les lobbies environnementalistes. »

Le Sénateur de la Manche considère que cette situation est révélatrice d’une faiblesse dans notre dispositif d’évaluation : « Cette confusion sur ce sujet, volontairement entretenue par certains, démontre à nouveau le manque cruel dans notre système d’expertise d’un institut indépendant et distinct de l’Anses chargé d’évaluer les bénéfices . C’est l’analyse des 2 avis de ces deux structures qui doit guider la décision politique. », a-t-il déclaré.

Enfin, Jean Bizet s’inquiète de ces prises de décisions unilatérales du gouvernement : « Une nouvelle fois la France prend des décisions isolées qui sont de nature à créer des distorsions de concurrence pour nos agriculteurs par rapport à nos voisins européens qui n’ont pas la même analyse du sujet. Leur décision relève des avis scientifiques de leur agence et non des lobbies environnementalistes. », a-t-il regretté.