Situation financière des communes : les maires obligés de faire plus avec toujours moins !

A l’initiative du groupe Les Républicains, les sénateurs ont débattu mardi 3 mai, de la situation financière des communes. Les baisses drastiques des dotations ont littéralement asphyxié les budgets locaux ; les maires voient leurs marges de manœuvres se rétrécir de manière alarmante. « Pour justifier la baisse des dotations on nous dit que les communes dépenseraient trop et mal ? Quand nos villages seront désertés c’est vrai qu’il n’y aura plus rien à dépenser... » a alerté Daniel Chasseing (Corrèze).

L’intervention de François Baroin, sénateur de l’Aube et Président de l’AMF

Pendant ce temps, le gouvernement parade sur une baisse du déficit public qui n’est même pas de son fait ! Si le budget de l’Etat voit aujourd’hui son solde amélioré, c’est grâce aux communes en grande partie, qui se serrent la ceinture pendant que les administrations et le gouvernement ne cessent de dépenser toujours plus. Francis Delattre (Val d’Oise) a d’ailleurs souligné que : « Après avoir fait les poches des Français et des entreprises, le gouvernement s’est ensuite attaqué aux collectivités ! ».

L’intervention de Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort

Non content d’une « simple » baisse les dotations, l’exécutif ne manque pas une occasion d’alourdir, encore, les charges qui pèsent sur les communes : rythmes scolaires, normes en tous genres créatrices de charges supplémentaires. Faire plus avec toujours moins ; l’effet ciseau est dévastateur… « Il est temps de desserrer le nœud coulant qui étrangle les communes depuis 2014 et pénalise le contribuable local. » s’est alarmé Cédric Perrin (Territoire de Belfort).

L’intervention de Francis Delattre, sénateur du Val d’Oise

A quoi en sont réduits les maires aujourd’hui ? Plus d’impôts ? Moins de services ? Lorsqu’ils choisissent plus de fiscalité, ils font subir au contribuable local les résultats d’une gestion désastreuse au niveau de l’Etat, et lorsqu’ils optent pour moins de service c’est la démocratie de proximité qui s’affaiblie. « Les communes ont dû répercuter la baisse des dotations en baissant l’investissement et en augmentant les impôts. » a précisé François Grosdidier (Moselle).

L’intervention de François Grosdidier, sénateur de la Moselle

Autre conséquence, l’investissement public local, est en chute libre, - 10% depuis 2015 avec a des effets négatifs pour nos entreprises (bâtiment, travaux publics). Comme l’a rappelé François Baroin, Sénateur de l’Aube et Président de l’AMF : « Les communes ne produisent pas de déficit, elles utilisent l’impôt local, le redistribuent et soutiennent l’activité économique. »

L’intervention de Daniel Chasseing, sénateur de Corrèze

Devant de telles impasses, les sénateurs les Républicains ont tiré le signal d’alarme ! Oui, la réduction du déficit public est indispensable, mais il faut que l’effort entre l’Etat et les collectivités soit, si ce n’est consenti, au moins également réparti.