Débat sur le dispositif d’accueil des réfugiés : on ne s’attaque pas aux causes structurelles !

Le Sénat a débattu mardi 1 mars, à l’initiative des sénateurs les Républicains, du dispositif exceptionnel d’accueil des réfugiés. En 2015, près d’un million de migrants venus de Syrie, d’Irak, d’Érythrée, d’Afghanistan, sont arrivés en Europe ; ils sont déjà plus de 110 000 en 2016. Comme le souligne François-Noël Buffet (Rhône) : « Notre pays doit redonner à l’Europe une vraie politique migratoire, et arrêter le coup par coup ».

En septembre 2015, la France a décidé d’accueillir, dans le cadre d’un programme de relocalisation, 30 000 migrants relevant du droit d’asile. Or, entre janvier et février 2016, seulement 201 personnes ont été accueillies... La raison : les réfugiés présents sur le sol français sont en majorité des migrants économiques, non éligibles au droit d’asile. Les migrants relevant du droit d’asile sont très minoritaires et difficiles à distinguer des migrants économiques.

« Les migrants économiques n’ont pas de raisons d’être accueillis en France, pourtant ils sont une part importante des demandeurs ! », Philippe Bas, Président de la Commission des lois

Toujours un temps de retard, le gouvernement et les dirigeants européens ont refusé de faire ce constat dès le début de la crise migratoire. Dès lors, des milliers de migrants économiques sont entrés sur le territoire, sans qu’aucun moyen ne soit mis en œuvre pour les distinguer des réfugiés politiques. Jean-François Rapin (Pas de Calais) fait d’ailleurs remarquer que : « La question qui se pose est aussi celle de l’identification des migrants et de la vérification de leur identité. »

On voit bien à Grande-Synthe et à Calais, tous les effets de cette politique d’accueil ambigüe, qui manque de moyens, qui minimise les flux migratoires et qui refuse de voir les causes économiques de l’immigration de masse.

« L’insertion des migrants est un problème bien identifié qui se pose à notre société. », Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français de l’étranger

Malgré des moyens indéniables consacrés à l’urgence de la crise, le gouvernement semble être dénué de vision à plus long terme. En effet, au-delà des moyens à accorder, c’est d’une volonté forte dont la France et l’Union européenne auraient besoin. Elle permettrait de répondre aux causes structurelles de la crise migratoire : celle des frontières de l’Europe, des réseaux mafieux de passeurs et des motivations économiques qui poussent à l’immigration.