Jean-François Rapin : « La question migratoire perturbe l’activité économique littorale à Calais et autour ! »

Mardi 1er mars à 21h, les sénateurs ont débattu, en séance publique, sur le dispositif exceptionnel d’accueil des réfugiés. A cette occasion, Monsieur Jean-François Rapin, Sénateur du Pas-de-Calais, a pris la parole à la tribune.

S’il a souhaité s’exprimer en pleine crise migratoire, alors qu’une partie de la jungle de Calais est en cours de démantèlement, que le Royaume-Uni est en pleine réflexion sur son positionnement au sein de l’Union Européenne et que les tensions ne cessent de croitre dans de nombreux pays, c’est pour évoquer la situation particulière du littoral Manche – Mer du Nord.

Ses diverses visites des camps du littoral lui ont permis de mieux appréhender la problématique migratoire sur le territoire : la situation humanitaire, la présence et le mode de fonctionnement des associations, les actions des activistes, l’organisation des passeurs mais également de constater le manque de moyens des collectivités territoriales, des forces de l’ordre épuisées et un avenir incertain pour des centaines de personnes fuyant leur pays.
L’Etat est présent à Calais, les forces de l’ordre sont sur place, des conteneurs aménagés et chauffés ont été déployés à proximité de la lande et des départs en bus vers les centres d’accueil et d’orientation sont organisés.

Toutefois, il faut accentuer le travail sur d’autres points. Il est primordial de multiplier les contrôles, l’Etat se doit de faire respecter la loi dans les camps. D’autre part, la question de l’identification des migrants se pose. Autre point, la commune de Grande-Synthe, qui déménage son camp de migrants, pour des raisons humanitaires et sécuritaires évidentes, doit, pour l’instant, assumer cette lourde tâche seule avec les associations présentes.

Jean-François Rapin a pu constater un manque de moyens certain pour les collectivités locales confrontées 2 aux migrants. Il est pourtant primordial que l’Etat assure à la fois une présence active sur les différents camps, notamment au travers de l’OFPRA, pour conseiller au mieux les migrants sur le droit d’asile, mais également un soutien financier aux communes qui sont devenues au fil des mois et des années de véritables zones d’attentes de centaines et parfois de milliers de personnes cherchant à rejoindre les côtes britanniques. Jean-François Rapin a également abordé les enjeux économiques. La question migratoire perturbe l’activité économique littorale à Calais et aux environs. Il faut penser aux habitants mais également aux commerçants et entreprises du territoire directement touchés.

Xavier Bertrand, Président de la région Nord-Pas de Calais-Picardie s’investit en ce sens. Il a écrit, il y a peu, au Président de la République française, et au Premier ministre britannique, en sollicitant une réelle prise en compte des enjeux économiques et sociétaux de cette crise migratoire lors du prochain sommet franco-britannique qui se tiendra à Amiens ce jeudi.

Il est primordial de préserver le trafic transmanche dans sa dimension passagers et marchandises et de le développer. Cette question ne peut être négligée et doit être traitée au niveau européen.

Nous ne pouvons fermer la porte aux personnes demandant légitiment l’asile mais Jean-François Rapin estime qu’il faut redéfinir notre politique migratoire nationale voire d’instaurer une telle politique au niveau européen pour que cette zone géographique, territoire stratégique et économique, ne devienne pas « le Mur de la Manche ».

Le Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a pris la parole sur le dispositif d’accueil des réfugiés, en parlant notamment de Calais. Toutefois, il ne s’est pas exprimé sur la situation de Grande-Synthe, cela signifierait-il que sa vision diffère sur ce sujet ?