François-Noël Buffet : « Migrants : de Catane à Calais… »

Dans le cadre de son travail parlementaire et en tant que Secrétaire national des Républicains, en charge de l’immigration, François-Noël Buffet, sénateur du Rhône, accompagné de ses collègues Colette Giudicelli, sénatrice des Alpes-Maritimes, et Christophe-André Frassa, sénateur représentant les Français établis hors de France, a effectué un déplacement en Sicile les 17 et 18 septembre dernier.

« L’objet de notre visite était d’étudier les modalités d’accueil et de prise en charge des migrants et des demandeurs d’asile en Italie, particulièrement en Sicile, un des tous premiers lieux de prise en charge des migrants qui traversent la Méditerranée sur des bateaux de fortune », explique le sénateur Buffet.

Plus de 150 000 migrants sont arrivés sur ce territoire depuis 2014. Depuis janvier dernier, 168 bateaux transportant 43 968 personnes ont été secourues en mer.

Dès leur sauvetage par les navires de la Marine italienne, ou française qui opèrent au sein des forces de Frontex, les migrants sont pris en charge et contrôlés. Peuvent être identifiés à ce stade les personnes potentiellement dangereuses, les passeurs... (100 enquêtes judiciaires sont actuellement en cours).

A leur débarquement, ils sont regroupés dans un centre de premier secours et d’accueil, examinés par un médecin et identifiés dans les 72 heures. C’est l’étape qui permet de renseigner le fichier Eurodac avec nom, prénom, nationalité et empreintes digitales. Le centre du port de Pozzalo, que nous avons visité, peut accueillir jusqu’à 150 hommes et 70 femmes et enfants.

Ces personnes sont ensuite conduites vers les centres d’accueil de demandeurs d’asile (CARA) de Mineo, sur le territoire sicilien, ou dans d’autres centres en Italie.

Près de 3 000 personnes de 20 nationalités et 200 à 250 ethnies différentes vivent aujourd’hui dans les 404 maisons de 160 m2 qui constituent le CARA de Mineo. Elles y attendent que l’état italien leur accorde le statut de réfugié (60 % d’entre eux ne l’obtiendront pas). Tout y est organisé pour une prise en charge humanitaire : soins médicaux, repas, lessive, accès internet, cours d’italien, école pour les petits. L’ensemble du dispositif est constamment contrôlé. Si les migrants sont libres de sortir, le centre est cependant gardé en permanence par l’armée.

« Humanité et fermeté sont les deux mots que nous avons entendu pendant nos entretiens, tant avec les services administratifs qu’avec le Questeur de police de la Région de Catane ou les personnels des centres d’accueil.

Est-ce là un modèle sur lequel nous devons prendre exemple ?

Sans doute. Quoi qu’il en soit, il n’y a là aucune comparaison avec la « jungle de Calais », visitée une semaine auparavant.

Il est parfois difficile d’être le représentant du pays des Droits de l’Homme.