René Danési : « Proposition de loi « la fin de vie », pourquoi j’ai voté contre »

Le Sénat a clarifié et précisé les points essentiels de la proposition de loi issue des travaux de l’Assemblée Nationale. Mais le problème n’est pas dans la qualité de la rédaction de la loi. Le problème, c’est la raison d’être de la loi et son objectif à terme.

En effet, pourquoi réécrire la loi Léonetti votée à l’unanimité il y a tout juste dix ans ? Certes, cette loi est insuffisamment connue dans le milieu médical et les unités de soins palliatifs sont dramatiquement insuffisantes. La réponse simple aurait donc été de développer la formation du personnel médical et d’augmenter les unités de soins palliatifs.

Trop simple ! Et surtout trop coûteux ! Et puis, il y a une promesse électorale présidentielle à tenir. Alors, on légifère. Et comme toujours dans les réformes sociétales, il y a une apparence tranquillisante pour mieux dissimuler un objectif plus lointain qui a de quoi inquiéter.

Les débats au Sénat ont clairement montré que l’introduction par la loi de la « Sédation profonde et continue pour les patients en fin de vie » n’est pour beaucoup d’élus de gauche et écologistes qu’un cheval de Troie. Les nombreux amendements déposés par eux, avec un art consommé du camouflage sémantique, visaient à introduire immédiatement « l’assistance médicale active à mourir », c’est-à-dire le suicide assisté et l’euthanasie.

Connaissant par expérience la dynamique des droits nouveaux, notamment avec l’aide de la justice (française et européenne), on peut dès lors résumer l’enjeu de cette loi comme ceci :

Sédation profonde et continue aujourd’hui. Euthanasie au cas par cas demain. Euthanasie pour tous après-demain.

Dans mon intervention lors de la discussion de l’article central de la loi, j’ai indiqué à mes collègues la raison pour laquelle je refuse de faire le premier pas sur un chemin qui fera tomber notre société dans un précipice moral.

Au final, le Sénat a rejeté la loi qui a contre elle ceux qui trouvent qu’elle va trop loin et ceux qui trouvent qu’elle ne va pas assez loin.