Jean Bizet : « Sommet de Riga : cadrages et recadrages »

Jean Bizet, Président de la Commission des affaires européennes du Sénat, salue les cadrages et recadrages opérés par l’Union européenne sur plusieurs dossiers clés lors du Sommet de Riga qui s’est tenu jeudi et vendredi en présence de 28 pays membres de l’Union européenne et 6 pays de l’ex-URSS.

Recadrage sur le Partenariat oriental d’abord. « La Commission Junker s’est montrée plus subtile que la Commission Barroso 2 et semble enfin avoir pris conscience d’une part que l’adhésion au Partenariat oriental ne valait pas automatiquement ticket d’entrée dans l’UE mais avant tout nécessité d’adhérer à ses valeurs et d’autre part, comme l’a très clairement souligné Donald Tusk, le président du Conseil, que cette politique, essentielle pour la stabilité du continent européen mais aussi du Moyen Orient, s’intègre dans le temps long », a déclaré Jean Bizet.

Le Sénateur de la Manche appelle toutefois l’Union européenne à avoir un discours « plus clair » avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, tout en réaffirmant son souhait d’un partenariat solide et durable : « On ne peut pas promettre un jour à ces pays une adhésion à l’UE dans les couloirs de la Commission et le lendemain doucher leurs espoirs devant les caméras de télévision. L’UE doit changer de logiciel dans ses relations avec ses voisins de l’Est en cessant de souffler le chaud et le froid et en adoptant une position stable et définitive sur le sujet ».

Recadrage sur la Russie ensuite. Jean Bizet s’associe aux responsables européens pour condamner une nouvelle fois l’annexion de la Crimée et les combats dans l’est de l’Ukraine tout en rappelant que l’avenir de l’Union ne peut se concevoir sans des relations amicales et constructives avec son grand voisin qu’est la Russie. Le Président de la Commission des affaires européennes accepte l’idée d’une réintégration « à terme » de la Russie au sein du G7, suggérée par certains, mais « pas tant que planera un doute sur la volonté russe de respecter la souveraineté et l’indépendance de ses anciennes républiques d’Europe de l’Est ».

Recadrage sur la Grèce également. A l’image des institutions européennes qui ont durci le ton à l’égard d’Athènes, Jean Bizet constate que les dirigeants grecs ont vite été rattrapés par la réalité. « Le temps des déclarations et des déclamations est terminé et ne convainc plus personne. Le temps est venu de mettre en œuvre les réformes promises et indispensables pour sortir la Grèce du chaos. Le contribuable européen ne paiera pas les frais des errements des élites politiques grecques qui ont conduit leur pays à la faillite », a-t-il déclaré.

Enfin, le Président de la Commission des affaires européennes prend acte du souhait de David Cameron d’entamer au plus vite des négociations avec les 28 concernant une réforme de l’Union : « S’il est de l’intérêt du Royaume-Uni d’engager un référendum sur son maintien dans l’Union, il est dans l’intérêt de l’Union que cette réforme soit partagée par tous et qu’elle n’altère pas la vision intégrationniste de la construction européenne, seule voie possible pour poursuivre efficacement l’œuvre des pères fondateurs », a-t-il conclu.

Dans une lettre adressée récemment à David Cameron, le Président de la Commission des affaires européennes n’a pas hésité à souligner combien le Sénat français était prêt à travailler avec le Parlement anglais et le Bundesrat pour trouver un consensus sur la réforme de l’Union afin de ne pas perdre trop de temps sur les dossiers économiques (Numérique, Union de l’énergie, Traité transatlantique) qui conditionnent la compétitivité et l’avenir de l’Union européenne.