Christophe-André Frassa : « Le Sénat actuel est inaudible et incohérent » Nice Matin, lundi 22 septembre 2014

A J -6 des élections sénatoriales, Christophe-André Frassa, sénateur UMP des Français établis hors de France, est en campagne et veut faire basculer la haute chambre à droite.

Les prochaines élections sénatoriales du 28 septembre éliront au total 178 sénateurs (un seul tour). Sénateur sortant, représentant les Français établis hors de France depuis 2008, Christophe-André Frassa, 46 ans, est un enfant du pays.
Celui qui a toujours défendu, parfois bec et ongles, la cause des Français de Monaco assujettis - à tort selon lui - à l’impôt sur le revenu, poursuit dorénavant plusieurs combats pour ses compatriotes installés de « Vancouver au Chili, en passant par Vanuatu ». Rencontre avec le 13e plus jeune « sage » de France.

Comment se déroule la campagne ?

Je l’ai lancée le 21 août. Mes colistiers et moi-même faisons une campagne virtuelle, c’est-à-dire via les réseaux sociaux, Twitter, Facebook et l’envoi de mails car il est impossible de courir aux quatre coins du monde. Deux fois par semaine, les lundis et jeudis, nous lançons des thématiques différentes sur les sujets qui préoccupent les Français de l’étranger.

Quels sujets en particulier ?

L’enseignement, le commerce extérieur, la protection sociale, la sécurité, les services consulaires, la fiscalité… Nous avons 31 dossiers au total.

Qui compose votre liste ?

Huit personnes, quatre hommes et quatre femmes pour respecter la parité. Je conduis une liste investie par l’UMP et l’UDI, avec le soutien de l’UFE.

Son nom ?

Union pour les Français de l’étranger - rassemblement de la droite, du centre et des indépendants.

Êtes-vous inquiet quant à votre réélection au poste de sénateur ?

Non, je suis tête de liste. Mais je me bats pour mes colistiers et en faire passer un maximum avec moi. Il y a six sièges à pourvoir.

Quelles grandes problématiques occuperont vos six prochaines années ?

D’abord l’enseignement. De plus en plus de jeunes gens partent à l’étranger. Ils s’y marient et font des enfants. Or, les frais de scolarité sont de plus en plus chers. Globalement, c’est même une fortune ! À New-York par exemple, cela représente 15.000 euros par an et par enfant. Et toutes les familles n’ont pas des bourses scolaires. Dans les faits, il y a une éviction des classes moyennes.

Mais aujourd’hui, ce sont également les retraités qui partent vivre à l’étranger…

Notamment pour des raisons de pouvoir d’achat en baisse ? A ce propos, il y a une vraie problématique sur la dépendance des seniors. Il n’y a rien sur la question de la prise en charge de ces personnes à l’étranger.

La fiscalité est également un sujet que vous maîtrisez bien…

Et maintenant la problématique fiscale pour l’assujettissement à la CSG et la CRDG sur les revenus immobiliers les Français établis à l’étranger sur les biens qu’ils possèdent en France.

Quel bilan dressez_vous de votre mandat qui s’achève ?

Il y en a eu beaucoupde sujets à traiter : la création des députés des Français de l’étranger, le siège du représentant du conseil économique, social et environnemental qui a été sauvé… Nous avons remporté une première victoire quand il s’est agit de taxer à 10% les Français pour leur résidence secondaire en France.

Comment sont considérés les Français de l’étranger ?

Ils sont stigmatisés. C’est l’image qu’ont la plupart des gens de gauche vis-à-vis des Français de l’étranger.

C’est pitoyable. Sur ce point, Monaco n’était qu’une répétition générale…

Pourtant, ils contribuent à faire gagner la France et son aura à l’étranger. Et eux sont fiers d’être Français.

Un mot sur la fiscalité des Français de Monaco ?

On a réussi à obtenir gain de cause, par la justice. L’interprétation que l’on avait était la bonne. C’est dommage d’avoir mis 51 ans.