Jean-Noël Cardoux : « Le gouvernement empêtré dans ses contradictions, méprise le Sénat »

En demandant jeudi à 1h du matin une seconde lecture sur la première partie du projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2014, Monsieur ECKERT a montré le peu de considération qu’il portait au travail des parlementaires.

La haute-assemblée avait voté à l’unanimité un amendement portant à 1,50 €, l’exonération d’assiette horaire pour le calcul des charges sociales des services à la personne dont la plupart des acteurs sont dans une situation financière catastrophique.

Et c’est ce qui n’a pas plu alors que, le secrétaire d’Etat avait récemment évoqué cette possibilité en envisageant de signer un décret. Pourquoi ce revirement ? Les ministres ne sont-ils plus autorisés à exprimer leurs convictions ?

Il aurait été si simple de prélever les 180 millions d’euros nécessaires au financement de cette mesure sur les produits de la CASA – Contribution de Solidarité pour l’Autonomie - (0,3 prélevés il y a deux ans sur les retraites) initialement destinée au financement de la dépendance et dont la CNSA – Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie - attend vainement d’en percevoir le montant.

Les associations et entreprises des soins à la personne apprécieront cette volte-face gouvernementale.

Comment dans un tel climat instaurer la confiance que les ministres invoquent dans chacune de leurs interventions alors que l’un d’entre eux balaie d’un revers de main plusieurs jours de travail parlementaire ?

Ce n’est pas le Sénat qui part en vrille mais le gouvernement.