Sophie Primas : « France Inde : des partenariats de recherche sur des sujets stratégiques ! »

Cinq jours très intenses de rencontres avec les principaux centres de recherche à Delhi, Bengalore, Pondicherry et Chennai (Madras) ont permis à la délégation sénatoriale dont je faisais partie de constater la formidable dynamique engagée par les acteurs de la recherche. Des partenariats sur des sujets majeurs de recherche : climatologie, eau, environnement, biodiversité, énergie, agronomie, développement.

Mme Shyamala Mani, chercheur en Neurosciences, travaille avec l’INSERM sur le cancer du cerveau chez les enfants.Le partenariat prend des formes très diverses : à la fois « personnelles » entre des chercheurs qui se sont rencontrés dans des colloques thématiques ou sur le banc des universités françaises, des partenariats officiels avec le CNRS , l’INSERM, l’INRA…, des échanges de chercheurs, et des formes uniques, comme à Pondichéry autour de l’incroyable Institut Français de Pondichéry et l’Ecole Française d’Extrême Orient.

Parmi les recommandations entendues, la nécessité de renforcer le CEFIPRA, organisme mixte financé à 50/50 par la France et l’Inde et qui soutient des programmes de recherche sur projet, l’augmentation des échanges de doctorants dans les deux sens, l’institutionnalisation d’échanges « diffus »… Quelle richesse scientifique !

De très belles rencontres.

Notamment celle de Mme Kiram Mazumdar-Shaw, fondatrice et dirigeante de la société Biocon, première société de Biotechnologie en Inde, une des 100 femmes les plus puissantes du monde classées par Forbes. Une grande humanité pour cette femme dont la voix politique compte beaucoup en Inde, partie dans l’aventure de l’entreprise dans son garage en fabriquant peu cher l’Insuline pour la rendre accessible aux Indiens. Créatrice de Fondations pour apporter éducation médicale et soins aux populations les plus pauvres. Remarquable femme.

De bons moments.

Invitées par un couple indien et leur maman, dans la maison, nous appréhendons les efforts en matière de développement autour de la citerne d’eau potable , emplie par la mousson et rendue potable par une série très judicieuse de filtrations naturelles. Un moyen également de passer de la consommation journalière à une gestion de l’eau dans la durée. Cette visite dans un petit village pour voir in situ le programme de développement rural soutenu par la fondation BAIF. Création de citernes à eau potable dans les maisons pour permettre de profiter des eaux de la Mousson. Amélioration du cheptel bovin avec croisement des races de vaches indiennes avec des paillettes de race Holstein… en moto équipée d’un thermos !! Rencontre avec les femmes « rurales »…

Un saut technologique.

Le très moderne « National Center for Biological Sciences »« , le Bengalore Cluster ». Un centre de recherches ultra moderne, interdisciplinaire, international...extrêmement performant dans lequel les français pourraient être plus présents. Des pôles en open space où les chercheurs disposent de conditions de travail en extérieur, en intérieur formidables...Dans chaque village reculé ou dans les poches des mendiants qui couchent dehors, par terre, un téléphone portable. Un téléphone qui permet de renouer avec les siens, d’éviter les transports, de faire des diagnostics médicaux à distance, d’envoyer des alertes météo aux agriculteurs, de guider les petits pêcheurs sur les bancs de poissons…Un saut technologique au service du développement. Beaucoup de recherche appliquée en la matière qui pourrait aussi servir au désenclavement de nos zones rurales.

Sans oublier l’accueil fabuleux de l’Ambassadeur François Richier, de ses équipes, des consuls Eric Lavertu à Bengalore, Pierre Fournier à Pondichéry, des attachées des missions au Service Scientifiques, Marine Ridoux et Jenifer Clark…exceptionnels.