Sophie Primas : « Refondation de l’école : une bien grande ambition pour des résultats décevants. Dommage »

Le Sénat a adopté, ce samedi, le projet de loi de « refondation » de l’Ecole, à cinq voix près. A l’issue de l’examen du projet de loi, l’ambition est déçue car le texte est très éloigné des attentes des Français. Complexe à mettre en place, dogmatique, ne réglant aucun problème de fond, il constitue la énième réforme d’un ministre qui souhaite laisser sa trace. Les remèdes aux maux de notre Education Nationale sont les outils habituels de la gauche : augmentation des moyens et remise en place des « écoles du dogme ».

Augmentation des moyens d’abord. Alors que la Cour des Comptes, dans son rapport de mercredi dernier, indique clairement que les effectifs du personnel enseignant n’ont aucun lien direct avec les résultats des élèves et que notre pays s’enfonce chaque jour dans un déficit abyssal, le ministre de l’Education nationale a confirmé l’embauche de 60 000 professeurs et personnels encadrants. Compte tenu de l’annonce du Président de la République en faveur d’une non-progression des effectifs de la fonction publique, nous ne savons toujours pas dans quels autres ministères ces 60 000 postes vont être trouvés !

Naissance des « Ecoles Supérieures du Professorat ». Voici donc la renaissance des IUFM ! Tandis que chacun s’accordait à dire que les IUFM ne fonctionnaient pas et que la Masterisation des Professeurs permettait une amélioration des connaissances académiques, l’école des dogmes renait de ses cendres, à la grande satisfaction des communistes !

Alors, c’est tout ? et bien Oui.

La réforme des rythmes scolaires se contente d’imposer la semaine à 4 jours et demie sans réfléchir à une meilleure annualisation de la charge scolaire (syndicats obligent !)… Tant pis pour les communes qui doivent en supporter la charge financière, l’organisation si complexe et faire face à tous les mécontentements : ceux des professeurs et ceux des parents d’élèves.

Rien sur la réforme des cycles scolaires : alors que nous proposions une fusion de la grande section de maternelle et des deux années de primaire afin de faire fonctionner pleinement ce premier cycle, le gouvernement renferme l’école maternelle sur elle-même, sans l’ouvrir sur le primaire…

  • Rien sur le collège unique sinon sa réaffirmation ;
  • Rien sur le rééquilibrage des baccalauréats entre les scientifiques et les littéraires ;
  • Rien sur l’orientation ;
  • Rien sur la réforme du rôle des Inspecteurs ;
  • Rien sur la formation continue des Professeurs ;
  • Rien sur la revalorisation des salaires des professeurs, devenue impossible en raison des embauches massives et malgré la perte conséquente des heures supplémentaires.

Sinon des suppressions …

  • Suppression de la définition du socle commun, qui sera décidé par décret (!) ;
  • Suppression de l’autonomie des Directeurs d’école et des Proviseurs ;
  • Suppression des internats d’excellence…dommage pour les jeunes talentueux des quartiers difficiles qui disposaient d’un moyen d’étudier dans les meilleures conditions ;
  • Suppression de l’apprentissage avant 15 ans.

Et enfin, des incantations …

  • Incantation pour l’apprentissage des langues étrangères dès le CP, sans spécifier les moyens ;
  • Incantation pour l’inclusion des enfants handicapés ;
  • Incantation pour les langues régionales pour faire plaisir aux Ecologistes ;
  • Incantation pour le numérique à l’école alors que tant de départements et de communes sont déjà à la pointe sur le sujet…et qu’il s’agit d’abord de développer de nouvelles méthodes pédagogiques.

Les sénateurs UMP et UDI ont pourtant fait de nombreuses propositions de fond : sur le réaménagement des cycles, sur l’âge obligatoire de l’école, sur le socle commun, sur l’orientation, sur la nécessaire amélioration des compétences pédagogiques des professeurs, sur la revalorisation des salaires, sur l’entrée de l’entreprise dans les collèges et lycées et auprès des conseillers d’orientation, sur l’apprentissage….

Mais, aucune discussion n’a été possible.

Seul sujet d’ accord : Dresser le drapeau Français aux murs de l’école, inscrire nos valeurs de « Liberté, Egalité, Fraternité » sur les frontons et afficher la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen.

Une bonne chose.

Pourvu que tout le monde arrive encore à la lire …