Quand le Président de la République discrédite son ministre

Après le refus du gouvernement d’ouvrir les emplois d’avenir au secteur marchand, le Président de la République demande de les élargir au secteur privé.

Alors qu’en septembre dernier, Michel SAPIN, ministre du Travail, de l’Emploi, soutenait que les entreprises étaient exclues du dispositif prévu pour les emplois d’avenir, parce que « les jeunes auxquels nous nous adressons justement aujourd’hui n’arrivent pas à trouver un débouché professionnel dans ces entreprises (…), parce qu’ils sont trop éloignés de l’emploi pour cela » et que les partenaires sociaux n’avaient pas été consultés sur ce texte, voilà que le Président de la République a demandé hier « au ministre du Travail et de l’Emploi d’élargir au secteur privé et notamment au tourisme et aux services à la personne ces emplois pour que nous puissions leur donner encore plus d’efficacité. »

Pour Jean-Noël CARDOUX, proposer ces contrats d’avenir aux petites entreprises plutôt qu’aux collectivités locales, aurait participé à la réduction des dépenses publiques, sans impliquer de charges supplémentaires pour les collectivités, et aurait permis aux jeunes l’obtention d’une formation, voire d’un emploi pérenne. Si l’emploi est pérennisé dans une entreprise, c’est une création immédiate de valeur ajoutée et une pierre apportée au développement économique, et cela, surtout, sans qu’aucun effort ne soit demandé au contribuable, comme il l’avait affirmé lors de l’examen du texte au sénat le 24 septembre 2012.

Il s’avère nécessaire de redonner de la compétitivité à l’économie française et l’ouverture des contrats d’avenir aux petites entreprises serait de nature à les rassurer. Huit mois après l’adoption de ce projet de loi, le Président de la République serait-il désormais attentif à leurs préoccupations, soucieux de l’état des finances publiques et pragmatique quand à la situation des jeunes sans qualification ? Il est vrai que le gouvernement n’en est pas à un revirement près !