Christophe-André Frassa : « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup... »

Toute réforme est le fruit de débats et non d’un projet de loi rédigé sans concertation avec, de surcroît, l’engagement de la procédure accélérée au Parlement, dont nous ne comprenons pas le but... ou trop bien !

Ce que nous comprenons par contre, c’est que -sous prétexte de proximité et d’échanges-l’objectif du gouvernement sera, sinon de politiser à outrance une assemblée qui a toujours refusé le clivage Droite/Gauche, de signer la mort, à terme, d’une AFE vidée de tout ce qui en faisait ce lieu unique de débats pour les représentants des Français de l’étranger.

On en reste sans voix ! Mais l’AFE peut tout de même s’enorgueillir de s’être battue jusqu’au bout, sans jamais avoir baissé les bras.

L’AFE a cru, un temps, qu’elle serait écoutée, qu’elle serait surtout entendue. Elle aura adopté à l’unanimité des résolutions. Elle se sera réunie maintes fois, aura auditionné sans arrière-pensée -avec sérieux et rigueur-tous les protagonistes, liés de près ou de loin, au projet de loi.

Sur la forme, l’AFE aura, en définitive, été consultée « par politesse » ou par obligation. Sur le fond, elle aura récolté des miettes à l’image de la nomination en son sein de son futur président. Mais pour présider quoi ?

Passée la vive émotion de savoir l’actuelle représentation des Français de l’étranger bientôt rayée d’un trait de plume, c’est la colère qui a souvent pris le pas dans les échanges entre les élus et le gouvernement à l’occasion de cette XVIIIème session.

A cette émotion et à cette colère légitime, c’est un silence abyssal qui a répondu, hélas !

Restent désormais les débats au Sénat et à l’Assemblée nationale.
Nous n’en ferons pas, pour autant, un baroud d’honneur.

C’est fort de notre expérience d’élus de terrain, de notre expertise, du long cheminement de la représentation des Français de l’étranger, mais surtout pour que cette belle histoire ne se termine pas aussi brutalement, que les sénateurs et députés du groupe URDC seront mobilisés pour défendre -article après article et point par point-l’idée que nous nous faisons de la démocratie représentative de proximité.

Nous abordons donc ce débat parlementaire avec gravité et détermination, mais aussi avec espoir et optimisme.

Parce que, forts du soutien de l’ensemble des élus de l’AFE et, au lieu d’un enterrement programmé, nous voulons faire de cette réforme un pari pour l’avenir.