Christophe-André Frassa : « L’exil fiscal a été multiplié par cinq » Le Parisien, mercredi 16 janvier 2013

Sénateur UMP des Français de l’étranger, Christophe Frassa tire la sonnette d’alarme : depuis les mesures fiscales touchant les plus hauts revenus, le nombre de Français trouvant refuge en Belgique ou en Suisse a explosé.

Après la polémique sur sur l’affaire Depardieu, dans quel état d’esprit sont, selon vous, les Français de l’étranger ?

Je rencontre ce soir à Bruxelles la Communauté française, à l’invitation de l’Union des Français de l’étranger. Ils en ont raz-le-bol d’être diabolisés et systématiquement accusés d’avoir quitté le pays pour fuir le fisc. A chaque fois que la France a un problème fiscal, ils ont le sentiment de servir de boucs émissaires. Tout Français qui part à l’étranger est forcément suspect.

L’exil fiscal est pourtant une réalité, non ?

Je suis d’accord, mais, jusqu’à présent, le phénomène était marginal. Sur les 2,5 millions de Français établis à l’étranger, il n’y avait que 10 000 exilés fiscaux. Depuis 2012, le mouvement s’est accéléré. Le nombre d’exilés fiscaux a été multiplié par 5 : il est passé de 800 à 1 000 en moyenne par an à 5 000 environ l’an dernier ! On voit s’installer à l’étranger des chefs d’entreprise et des cadres supérieurs découragés par la sangsue fiscale. Le climat fait aussi fuir les jeunes diplômés. On transforme le pays en épouvantail pour les créateurs de richesse et en repoussoir pour les investisseurs étrangers.

Vous comprenez donc les chefs d’entreprise partant s’installer en Belgique ?

Je ne leur jette pas la pierre. Si vous prenez la taxe à 75 % ; que vous rajoutez la taxe sur les actifs non réalisés au titre de l’ISF, des « riches » peuvent payer jusqu’à 115 % d’impôts ! Quand l’État se comporte comme un voleur, je comprends que certains quittent le pays pour protéger leurs biens. Il faut remettre dans le droit chemin les rentiers qui s’exilent pour échapper au fisc, nous sommes tous d’accord. Le problème est que la plus part de ceux qui partent aujourd’hui sont des entrepreneurs qui en ont marre d’être soumis à une fiscalité confiscatoire.