Rapport Ferracci sur la formation professionnelle : sachons créer les conditions d’un partage et d’un accès équitables

Suite à la remise du rapport Ferraci, Jean-Claude Carle, auteur du rapport sénatorial « Le droit de savoir » sur la formation professionnelle, se réjouit de la volonté du gouvernement d’engager la réforme de la formation professionnelle voulue par le Président de la République.

La commission tripartite reprend nombre de propositions sénatoriales notamment sur la nécessité de clarifier les compétences ; sur l’évolution du DIF (Droit individuel à la formation) ; sur les modalités de financement et de transparence de la formation professionnelle ; sur l’évolution des missions des OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) et en particulier le rôle de conseil et de service auprès des TPE/PME ; sur la nécessité d’une évaluation de l’ensemble du système…

Si ce rapport ne reprend pas la création d’un compte épargne formation, il reconnait la nécessité d’un droit à la formation différé et l’urgence de replacer le parcours de la personne au cœur du système.

Cependant le rapport n’aborde pas la question du remplacement des salariés en formation dans les TPE et les PME. Des mesures sont indispensables si l’on veut que les salariés et les petites entreprises accèdent effectivement à la formation.

En revanche, et cela est d’une extrême importance, la commission tripartite insiste sur la nécessité d’engager la réforme de la formation initiale de façon à réduire le nombre des 150.000 jeunes qui, chaque année, quittent le système scolaire sans diplôme ou qualification et des 90.000 étudiants qui quittent l’université au cours de la première année.

Je souhaite donc que le gouvernement, après l’indispensable concertation avec les partenaires sociaux et les régions, élabore un projet de loi cadre :

  • intégrant la formation initiale dans la réforme de la formation professionnelle en mobilisant à cet effet le PRDF (Plan régional de formation professionnelle) ayant valeur d’engagement pour l’Etat, la région et les partenaires économiques ;
  • fixant les modalités d’une nouvelle gouvernance du système et rationalisant ses modalités de financement, ces deux dimensions cruciales n’ayant pas encore fait l’objet d’un consensus.

La réforme n’aura lieu que si chacun accepte non pas d’abandonner ses convictions mais de quitter un instant ses certitudes. « Le savoir est la seule matière qui se multiplie quand on la partage » écrivait Socrate. Sachons créer les conditions d’un partage et d’un accès équitables. Cela, outre la loi, passe par le partenariat, l’expérimentation et la proximité.