Cédric PERRIN : « L’expression violences policières est inadaptée. »

Cédric PERRIN, Sénateur du Territoire de Belfort, Vice-président de la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, est intervenu hier soir en séance publique au Sénat sur le thème « Quelle doctrine d’emploi de la police et de la gendarmerie dans le cadre du maintien de l’ordre ? ».

Il a tout d’abord profité de ce débat pour dénoncer l’utilisation abusive de l’expression « violences policières » : « Juxtaposer ces deux termes laisse à penser que la violence serait la finalité de l’action d’une police brutale par nature. Or le recours à la force est un moyen et non une fin. Nul ne s’engage dans la police par goût de la violence. Dire « violence policière », ce n’est pas dénoncer des brutalités condamnables, c’est attaquer la police en tant qu’institution et en contester le principe même. Il n’en résulte que l’affaiblissement de la démocratie. (...) Ce qui compte n’est pas le principe du recours à la force mais son contrôle. Il est vain de contester à la police son monopole de la violence physique légitime. Ce monopole est une garantie démocratique ».

Détaillant ensuite les particularités et l’évolution du modus operandi des manifestations depuis quelques années, Cédric PERRIN admet que « les pratiques du maintien de l’ordre se sont avérées inadaptées face à un niveau de violence extrême, non pas au regard de l’Histoire, mais au regard de ces dernières décennies ».

« Une première exigence est de toujours mieux préparer et anticiper les manœuvres d’ordre public. Cela suppose de mobiliser encore plus les services de renseignements afin d’adapter au mieux les moyens
humains et les matériels mobilisés » plaide le Sénateur qui rappelle qu’en cas de faute des forces de l’ordre, l’autorité judiciaire doit être saisie et des sanctions doivent être prononcées.

Il poursuit : « Ne négligeons pas tant la question des équipements que de celle de la formation au maintien de l’ordre, spécialité éprouvante, à laquelle doivent être préparées les unités de force mobile, de façon harmonisée, sur l’ensemble du Territoire ».

« Cette adaptation est urgente et cruciale pour préparer les évènements futurs. Saisissons-nous des technologies nouvelles pour maintenir l’ordre : c’est là que se jouera la protection de nos libertés fondamentales et que nous parviendrons à restaurer le lien de confiance entre nos concitoyens et les forces de l’ordre » a enfin plaidé Cédric PERRIN auprès du Gouvernement.