Bruno Retailleau - Circulaire Castaner « Le Conseil d’Etat vient de donner une leçon au Gouvernement en lui rappelant que nous étions dans un état de droit. »

Le Conseil d’Etat vendredi a décidé de suspendre partiellement la circulaire du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner qui limitait l’attribution d’une nuance politique aux listes et candidats aux élections municipales.

Retrouvez la réaction de Bruno Retailleau :

La circulaire Castaner qui cherchait à tripatouiller le résultat des élections municipales s’apparentait à un coup de force contre la démocratie.

Le Gouvernement ne voulait pas que les Français aient une photographie juste du résultat des élections municipales. On retrouve avec cette manœuvre les travers du macronisme : une tendance à préférer le théâtre et l’ambiguïté à la vérité.

La manœuvre était double :

  • Pas d’étiquette politique en dessous de 9000 habitants parce que LaREM n’est pas capable de gagner des mairies dans cette strate de population ;
  • L’apparition d’une nouvelle catégorie politique « listes divers centre » qui regrouperait non seulement les listes investies par LaREM mais également les listes plus ou moins soutenues par laREM. 

C’était une véritable manipulation qui permettait à LaREM de gonfler ses résultats et de revendiquer des victoires là où elle n’aurait même pas eu de candidat.

Le pot aux roses a été dénoncé par de nombreux juristes et le Conseil d’État vient d’infliger un véritable camouflet au Gouvernement. Il a relevé une erreur manifeste d’appréciation et une atteinte à l’égalité entre les nuances. Le Gouvernement est sévèrement désavoué.

C’est le deuxième désaveu après l’avis sur le projet de loi retraite en quelques jours. Le Conseil d’Etat vient de donner une leçon au Gouvernement et de lui rappeler que nous étions dans un état de droit. Le pouvoir ne peut pas s’assoir sur la démocratie et tout se permettre.

Bruno RETAILLEAU
Président du groupe Les Républicains Sénat