PLFSS : Les sénateurs boycottent la fin de l’examen du budget de la sécurité sociale.

Le Président de la République a annoncé que des « décisions fortes » pour les hôpitaux seraient présentées mercredi par l’exécutif, soit au lendemain du vote prévu du Sénat sur l’ensemble du budget de la Sécu. Non seulement Emmanuel Macron s’affiche en sauveur d’une situation qu’il a largement contribué à dégrader mais il méprise aussi les institutions en rendant vains les travaux des sénateurs qui débattent d’un texte qui sera obsolète la semaine prochaine !

Le Sénat ne participera pas à cette mascarade qui traduit un mépris scandaleux du parlement et des parlementaires et a donc décidé, ce qui est tout à fait exceptionnel, de cesser l’examen d’un PLFSS.

Les sénateurs attendaient avec ce projet de loi la traduction concrète des annonces du gouvernement. En réalité, le compte n’y est pas ! C’est pourquoi les sénateurs formulaient jusqu’à hier soir des propositions concrètes pour répondre à la crise des urgences et à celle de l’hôpital et pour réorganiser profondément notre système de santé.

L’hôpital a besoin de moyens supplémentaires de l’ordre de 800 millions à 1 milliard d’euros. Mais les moyens ne suffiront pas ; la réorganisation de notre système de santé passe aussi par une débureaucratisation, par l’autonomie des établissements et par une décentralisation de la santé.

Or, le PLFSS voté par l’Assemblée n’est pas à la hauteur de ces enjeux :

  • Il ne répond en rien à la crise des urgences et à celle de l’hôpital : les 129 millions d’euros débloqués en 2019 ne sont que des crédits. Par ailleurs, ce PLFSS est aussi celui de la hausse des déficits puisqu’il prévoit un déficit de 5,1 milliards d’euros, conséquence principale de l’absence de compensation des mesures des « gilets jaunes ».
  • Il met en difficulté les personnes âgées et les familles qui, encore une fois, servent de variables d’ajustement et voient leur pouvoir d’achat baisser (-400 millions d’euros pour les familles et -600 millions d’euros pour les retraités).
  • Il déséquilibre la branche vieillesse dont le déficit augmentera de 5,4 milliards d’euros en 2021 et de 6,6 milliards d’euros en 2023 si l’âge de départ à la retraite n’est pas repoussé à 64 ans. En l’absence de mesures justes et efficaces, l’équilibre annoncé par le gouvernement se fera par une baisse des pensions de retraite.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale sera examiné en nouvelle lecture au Sénat le week-end des 30 novembre et 1er décembre, après être repassé par l’Assemblée nationale le 25 novembre.