Vincent Ségouin : Comment garantir le retour de l’autorité de l’État dans nos prisons ?

Jeudi 20 juin 2019, le sénateur de l’Orne, Mr Vincent Ségouin, a interrogé la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, quant à l’insécurité dans les prisons françaises suite à la nouvelle prise d’otages à la prison de Condé sur Sarthe, le 11 juin dernier.

M. Vincent Segouin . - Le 5 mars, un détenu radicalisé de la prison de Condé-sur-Sarthe, l’une des plus sécurisées, poignardait deux gardiens avec un couteau introduit par sa conjointe. Deux jours plus tard, la garde des Sceaux annonçait de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité dans les prisons. Le 11 juin, un « DPS », détenu particulièrement signalé, prenait en otage deux surveillants à l’aide d’une arme artisanale fabriquée sur place. Celles-ci, comme les téléphones portables et les armes introduites lors de visites, se multiplient dans les prisons.

Je vous entends déjà nous dire que les fouilles systématiques des détenus et des visiteurs sont interdites, que l’on ne peut sanctionner les détenus injurieux ou violents sans heurter les diktats des droits de l’homme.

Ne croyez-vous pas que notre devoir est avant tout de protéger nos gardiens autrement qu’en les équipant de gilets pare-lames, de protège-cou et de caméras embarquées ?

Attaquons-nous enfin aux causes et non aux effets ! Quelles mesures préconisez-vous pour garantir le retour de l’autorité de l’État dans nos prisons et assurer la sécurité de ceux qui servent notre pays ?

Mme Sibeth Ndiaye, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement . - Veuillez excuser Mme la garde des Sceaux qui réunit en ce moment même les acteurs du monde pénitentiaire.

Les prisons françaises, dont Condé-sur-Sarthe, ont connu des évènements dramatiques. La garde des Sceaux a diligenté des enquêtes et a pris des engagements, notamment des effectifs supplémentaires à Condé-sur-Sarthe dont le taux d’occupation est de 60 %.

Les équipements promis ont été livrés, y compris les bombes aérosols incapacitantes. Dix unités pour détenus violents seront créées, dont deux ont déjà ouvert leurs portes.

Soyez assuré de l’engagement total du Gouvernement pour la sécurité dans les établissements pénitentiaires.