Pierre Cuypers : La France ne peut accepter qu’une entreprise allemande menace la filière sucrière française !

Question d’Actualité au Gouvernement relative à l’annonce de la fermeture de deux raffineries de sucre, posée par Mr Pierre Cuypers, sénateur de la Seine-et-Marne, le jeudi 20 juin 2019.

M. Pierre Cuypers . - Monsieur le Premier ministre, l’annonce de la fermeture de deux sucreries à Cagny et Eppeville par le groupe allemand Südzucker met la filière betterave-sucre-éthanol en danger. Les usines de Bourdon, Toury et Erstein sont aussi menacées.

Plus de mille emplois directs et indirects sont affectés. Cette annonce menace la culture de la betterave à sucre pour 2 500 planteurs et réduit notre capacité industrielle de 10 %.

Contournant la loi Florange, le groupe Südzucker ferme la porte à un rachat malgré un plan solide de reprise bâti par les planteurs.

Il est inadmissible que vous ne receviez pas les élus et acteurs de la filière en renvoyant le dossier au ministre de l’Agriculture. L’enjeu est industriel, économique et social : c’est au Premier ministre de le traiter ! La France ne peut accepter qu’une entreprise allemande menace ainsi la filière sucrière française.

M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation . - Le Gouvernement n’est pas inactif. Avec Bruno Le Maire, nous avons reçu tous les élus des régions concernées. La filière sucre est confrontée à des cours mondiaux très bas et à la surproduction. L’entreprise Südzucker et la coopérative Cristal Union se sont lancées dans des plans sociaux inacceptables. Je l’ai dit et redit aux dirigeants de Südzucker, leur position est inacceptable.

Le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves, Franck Sander, a fait un plan de rachat à 30 millions d’euros - qui a été refusé. En même temps, parallèlement, l’entreprise a proposé un plan social qui a été accepté par les salariés.

Nous maintenons la pression sur Südzucker, qui devra payer. L’entreprise a touché des aides de l’État, elle ne peut détourner ainsi la loi Florange en toute impunité.

M. Pierre Cuypers. - La semaine prochaine, il sera trop tard, si vous n’arrivez pas à mettre en accord les industriels allemands avec les producteurs français. Il s’agit de conserver en France notre outil de production de sucre, demain d’alcool et d’éthanol.