Gilbert Bouchet : Sans solidarité nationale, agriculteurs et viticulteurs mettront la clé sous la porte !

Question d’Actualité au Gouvernement relative aux dégâts provoqués par la grêle en Drôme, Ardèche, Isère, Savoie et Haute-Savoie, le 5 juin 2019, posée par Mr Gilbert Bouchet, sénateur de la Drôme.

M. Gilbert Bouchet . - « Du jamais vu » : voilà ce qu’ont dit les agriculteurs devant les dégâts provoqués par la grêle dans la Drôme. J’associe l’Ardèche, l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie, qui n’ont pas eu l’honneur d’une visite ministérielle mais ont aussi été touchées. Toute une économie est mise à mal.

Sans solidarité nationale, agriculteurs et viticulteurs mettront la clé sous la porte.

L’État va déclarer ces départements en situation de catastrophe naturelle, c’est indispensable mais insuffisant pour ceux qui ont tout perdu. L’état de catastrophe naturelle n’a de sens que pour les agriculteurs assurés, or tous ne le sont pas, vu le coût prohibitif des primes, et l’état de calamité agricole exclut d’indemnisation de nombreuses situations.

Si l’État n’accompagne pas les agriculteurs au cas par cas, les faillites seront inévitables. Qu’allez-vous faire de concret ?

M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation . - En deux jours, j’ai visité deux départements sur cinq. On peut toujours polémiquer, mais j’étais sur le terrain dès le week-end avec les organisations agricoles.

Avec la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, l’assurance couvre les bâtiments éventrés ; la question se pose pour les récoltes. Je vais réunir les acteurs pour lancer, à partir d’une feuille blanche, une réflexion sur la mise en place d’une assurance récolte accessible. Les agriculteurs veulent vivre de leur travail mais il faut anticiper de nouveaux aléas climatiques, sans quoi c’en sera fini de notre agriculture et de notre souveraineté alimentaire. Leur aire de travail, c’est le ciel et la terre : c’est plus dur à assurer qu’un bâtiment !

J’ai vu des agriculteurs motivés, prêts à repartir alors qu’ils avaient tout perdu. Mais il leur manque des outils. J’appelle donc tout le monde agricole, tous les parlementaires à travailler à ce projet. Et je remercie les collectivités territoriales pour leur solidarité.

M. Gilbert Bouchet. - Cela urge ! Il faudra indemniser largement. D’autant que certains bâtiments sont amiantés, ce qui alourdit la facture. Vu la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, nous devons réfléchir ensemble à la refonte totale du système assurantiel.