Jean Sol : Il y a urgence pour nos urgences !

Question d’Actualité au Gouvernement relative à la crise des urgences françaises, posée par le sénateur Jean Sol (Pyrénées-Orientales), le mardi 11 juin 2019.

M. Jean Sol . - Les services d’urgences, en crise depuis de longues années, sont à bout de souffle. Il y a 12 ans déjà, un rapport de notre Haute assemblée les décrivait comme «  le miroir grossissant des dysfonctionnements de l’ensemble de notre système de santé  ». La situation s’aggrave en raison de l’inadéquation entre le nombre de passages, les moyens alloués et la disponibilité des lits d’aval. Les différents plans mis en oeuvre n’y ont rien changé.

Résultat, les grèves se multiplient. Les patients sont exaspérés, les soignants désespérés.

Madame la ministre, vous me répondrez que la loi « Santé » porte la double ambition de réorganiser les soins et d’alléger le poids pesant sur l’hôpital mais elle ne portera ses fruits qu’en 2022. En 2022, ce sera trop tard. Il y a urgence pour nos urgences. Que ferez-vous pour soulager ces services et éviter de nouveaux drames ?

Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé . - Vous avez raison : les urgences sont en tension depuis de nombreuses années et la hausse du nombre de passages a aggravé les choses.

C’est pourquoi j’ai décidé un refinancement de 300 millions d’euros dès le mois de mars et 700 millions d’euros supplémentaires pour l’hôpital que j’ai demandé de cibler vers les urgences. Les situations sont très variables. Dans certains cas, les locaux sont insuffisants, là c’est le personnel - médecins ou paramédicaux - qui manque. Ailleurs, le flux n’est pas excessif. Beaucoup d’hôpitaux n’enregistrent pas plus de 15 000 passages par an, soit 2 par heure. Il faut que les budgets aillent aux services les plus en difficulté.

J’ai demandé aux ARS de les accompagner. Je ne néglige pas les conditions de travail aux urgences - professionnel de santé comme moi, vous les connaissez, y compris les difficultés émotionnelles que ceux qui y travaillent rencontrent.