Sophie Primas : Comment l’Etat compte-t-il apaiser les tensions entre Renault et Nissan ?

Question d’Actualité au Gouvernement relative à l’offre de fusion entre Renault et Fiat, posée par Mme Sophie Primas, sénatrice des Yvelines et présidente de la commission des affaires économiques du Sénat, le mardi 11 juin 2019.

Mme Sophie Primas . - Ma question porte sur le groupe Renault, ébranlé par plusieurs mois de tensions après le départ de Carlos Ghosn. L’alliance est de nouveau éprouvée par la discussion puis le retrait, apparent ou réel, d’une offre de fusion. La proposition de Fiat s’appuyait sur une valorisation au rabais de Renault, donnait les coudées franches à la famille Agnelli dans la gouvernance de l’entité fusionnée et divisait par deux les parts de l’État français.

Au-delà de ce deal enterré aussi soudainement qu’il avait été envisagé, je souhaiterais des éclairages sur les opportunités de cette éventuelle alliance entre ces constructeurs égaux qui chassent sur les mêmes terres. Poursuivez-vous les discussions ? Quelles seraient vos conditions pour un accord ?

Ces allers-retours entre Renault et Fiat pourraient mettre en péril l’alliance entre Renault et Nissan. La tiédeur du groupe japonais devrait nous inciter à la prudence, il s’est abstenu lors du vote sur la fusion. M. Lemaire s’est rendu au Japon, à l’occasion du G20, pour tenter de rassurer. Alors que la prochaine assemblée générale de Nissan aura lieu le 25 juin, Renault vient de s’opposer à la nouvelle gouvernance du groupe japonais. Comment l’Etat compte-t-il apaiser ces tensions ?

Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances . - Lorsque le groupe Fiat-Chrysler a proposé une alliance à Renault, l’État a montré un esprit d’ouverture, soucieux des objectifs stratégiques du groupe. Bruno Lemaire avait posé des conditions : réalisation de l’opération dans le cadre de l’alliance entre Renault et Nissan, préservation des emplois et des sites industriels en France, gouvernance respectueuse des équilibres de Renault et Fiat-Chrysler, préservation des projets de batteries électriques avec l’Allemagne.

Le manque de soutien explicite de Nissan a conduit Fiat-Chrysler à retirer son offre. L’État en prend acte. Bruno Lemaire avec son homologue japonais a pu récemment réaffirmer l’attachement de la France et du Japon à l’alliance entre Renault et Nissan.