Bruno Retailleau rend hommage aux trois sauveteurs décédés

Le président du groupe Les Républicains au Sénat demande au Premier Ministre que toutes les leçons soient tirées de ce drame.

M. Bruno Retailleau . - Monsieur le Premier ministre, toute la communauté des gens de mer est en deuil. Vendredi, trois sauveteurs bénévoles de la SNSM sont morts noyés pour venir en aide à un marin pêcheur en détresse. La mer était démontée quand ils ont reçu un message du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage. Pourtant, ils n’ont pas hésité. Ils y sont allés, car c’est leur raison d’être - et même de mourir, malheureusement. Depuis que cette terre est battue par la marée sans fin de la vie et de la mort, ceux qui sauvent suivent leur devoir jusqu’à, parfois, l’ultime sacrifice.

Le président de la République a décidé d’honorer ceux qui sont morts. Il faudrait aussi honorer les vivants, c’est le même courage, le même équipage.

Monsieur le Premier ministre, vous êtes de ces gens de mer si merveilleusement décrits par Marc Elder. Je voudrais que vous vous engagiez devant le Sénat de la République, devant ceux qui ne sont plus et aussi devant ceux qui vivent, à tirer toutes les leçons de ce drame.

M. Édouard Philippe, Premier ministre . - Je m’associe à vos propos et à ceux du président Larcher pour dire mon émotion, mon admiration, ma solidarité et mes fortes pensées aux familles et aux camarades des victimes. Votre émotion, monsieur Retailleau, est celle d’un responsable politique et d’un citoyen français qui sait reconnaître les héros, qui connaît la mer, la course au large et les difficultés inhérentes au métier de marin pêcheur. Dans votre département, la mer donne beaucoup, mais parfois elle reprend.

Lorsque le gros temps arrive, il est raisonnable de penser qu’on ne saura pas vaincre les éléments - et pourtant, les sauveteurs sortent, sans se poser de question, alors même qu’ils savent que c’est trop dangereux.

L’admiration de tous envers les femmes et les hommes en orange est bien légitime. Oui, la République sait reconnaître les héros. Elle saura distinguer ceux qui ont pris la mer ce jour-là pour sauver un marin.

Par le passé, nous avons considérablement accru nos efforts budgétaires en faveur de la SNSM - même si les sommes en valeur absolue ne sont pas très importantes. Le modèle économique de la SNSM repose en effet sur le bénévolat et les dons. Il faudra s’interroger sur la pérennité de ce modèle. En 2017 et en 2018, j’ai présidé les Comités interministériels de la mer à Brest puis à Dunkerque. J’ai l’intention de présider celui qui se tiendra en 2019 et je propose que nous nous interrogions alors sur le modèle du sauvetage en mer : ce qu’il convient de conserver, de réparer et de développer. Cette question intéresse tous ceux qui savent que rien n’est plus beau que de servir ses concitoyens.