Débat sur l’avenir de l’enseignement professionnel : Catherine TROENDLE interroge le Ministre de l’Education nationale sur la question de l’orientation des élèves vers les filières professionnelles.

Ce mardi 28 mai était organisé un débat, au Sénat, à l’initiative du groupe Les Républicains, sur l’avenir de l’enseignement professionnel.

A cette occasion, Catherine TROENDLE, Sénateur du Haut-Rhin, Vice-Présidente du Sénat, Secrétaire nationale des Républicains chargée de l’éducation entre 2014 et 2015, a interrogé le Ministre de l’Education nationale sur la question de l’orientation des élèves vers les filières professionnelles.

Ainsi, a-t-elle précisé au Ministre dans sa question, «  une étude publiée à l’automne dernier du Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire) auprès des 18-25 ans, a montré qu’ils ne sont pas suffisamment accompagnés dans la définition de leurs projets scolaires et professionnels. D’après cette étude, un jeune sur deux déclare ne pas avoir été bien accompagné dans son établissement concernant son projet d’orientation et un jeune sur cinq estime qu’il n’a pas eu le choix de son orientation ».

Elle a également rappelé à la représentation nationale que la voie générale est encore souvent plébiscitée par le corps professoral et les professionnels de l’orientation, «  pourtant, nombre de bacheliers échouent ensuite à l’université ou se lancent dans des études parfois longues et se rendent compte, en cours de route, qu’ils ne parviendront pas à les finir ou qu’ils se sont trompés de voie  », a-t-elle rajouté.

La Vice-Présidente du Sénat a également dénoncé le traitement des filières professionnelles, ces dernières années, qui ont vu des heures de français/histoire-géo supprimées et des bac pro réduits de 4 ans, en 2009, à 3 ans, voir moins bientôt.

Catherine TROENDLE a tenu à rappeler au Ministre : « L’enseignement professionnel n’a plus la cote, au profit souvent de l’apprentissage. Pourtant, cet enseignement est important et les cursus - pourvus qu’ils soient dotés de suffisamment d’heures de cours -, sont déterminants pour la formation de futurs professionnels. Au moment où l’on peine à embaucher dans de nombreuses filières professionnelles, ces formations devraient être valorisées ».

Elle a donc interrogé le Ministre pour connaître les intentions du gouvernement afin de permettre que « l’enseignement professionnel retrouve ses lettres de noblesses et redevienne le pourvoyeur de jeunes employés formés pour les filières professionnelles, qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être et ce, en adéquation avec les demandes », tout en plaidant pour une professionnalisation des parcours, à partir de 14 ans, dès le collège, « afin d’éviter un décrochage scolaire de certains jeunes, confrontés à des notions parfois trop abstraites pour eux, dans les formations classiques ».

Monsieur Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l’Education nationale, a fait part, à la Vice-Présidente du Sénat, de son soutien aux dispositifs d’orientations.

Il a ainsi annoncé aux Sénateurs qu’il venait de signer avec l’Association des régions de France la convention-cadre de coopération entre l’État et les régions en matière d’orientation. Suivant cet accord, le Ministre a précisé : « les régions auront un rôle direct dans les heures d’orientation que nous dédions aux différentes classes du collège et du lycée. Nous prévoyons 12 heures en 4e consacrées à l’orientation, 36 heures en 3e et 54 heures en seconde, première et terminale. Les établissements pourront aussi prendre l’initiative de journées portes ouvertes en partenariat avec les régions. Une nouvelle dynamique d’orientation se dessine. Depuis quelques mois, les collèges ne sont plus évalués en fonction de l’orientation des élèves qui en sortent ».

Le Ministre a ensuite partagé l’avis du Sénateur du Haut-Rhin en confirmant que l’enseignement professionnel doit bien être valorisé « dès le collège ».

Catherine TROENDLE se félicite que le discours du Ministre soit si ouvert dans le domaine de l’enseignement professionnel, mais elle ne manquera pas de suivre attentivement l’application des mesures annoncées.