François Bonhomme au sujet du clip du rappeur Nick Conrad : Comment faire pour que ce type de propos n’ait plus sa place en France ?

Question d’Actualité au Gouvernement relatif au nouveau clip et propos injurieux du rappeur Nick Conrad, posée par le sénateur du Tarn et Garonne, Mr François Bonhomme, le mardi 21 mai 2019.

M. François Bonhomme . - En mars, le rappeur Nick Conrad était condamné pour provocation au crime pour son clip «  Pendez les blancs  ». « Homme libre », comme il aime à se définir, il a récidivé. « Je baise la France, je brûle la France jusqu’à l’agonie » dit sa nouvelle chanson. Dans le clip, on le voit procéder avec méthode à la strangulation d’une jeune femme à terre, dans un ralenti complaisant.

En guise d’explication, l’auteur accuse les « médias » et la « mentalité française » qui refuseraient d’aborder le sujet de l’esclavagisme de la France...

En pareil cas, on ne saurait se réfugier derrière la liberté de création et d’expression : les limites sont outrepassées.

Le ministre de l’Intérieur a saisi le procureur de la République et fait un signalement sur la plateforme Pharos. C’est bien, mais il faut une réponse politique ferme. Comment faire pour que ce type de propos n’ait plus sa place en France ?

M. Laurent Nunez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’intérieur . - Une nouvelle fois, Nick Conrad tient des propos haineux contre la France. Le Gouvernement partage votre indignation devant ces propos inacceptables. Ce rappeur doit comprendre qu’il ne peut s’abriter derrière la liberté artistique. L’insulte et la haine ne sont pas de l’art, mais tombent sous le coup de la loi pénale. Dans le cadre de l’article 40 du Code de procédure pénale, Christophe Castaner a saisi le procureur de la République de Paris, qui a immédiatement ouvert une enquête préliminaire pour apologie de crime d’atteintes volontaires aggravée. Les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance contre les personnes de la police judiciaire sont à l’oeuvre.

En outre, nous avons saisi la plateforme Pharos qui travaille à obtenir le retrait de ce contenu manifestement illicite.

Adoptons la proposition de loi portée par l’Assemblée nationale et portons ce sujet au niveau européen pour obtenir le retrait des contenus haineux, comme nous l’avons fait pour l’apologie du terrorisme.

M. François Bonhomme. - Malgré le signalement à Pharos, le clip reste visible. J’aurais aimé une condamnation unanime. Je regrette le silence assourdissant de Mme Schiappa, toujours prompte à théâtraliser ses sorties et à #nerienlaisserpasser...