Bernard Fournier sur l’affaire Vincent Lambert : Jusqu’où considérer qu’une vie ne vaut plus la peine d’être vécue ?

Question d’Actualité au Gouvernement relatif à la situation de Vincent Lambert, posée par le sénateur de la Loire, Mr Bernard Fournier, le mardi 21 mai 2019.

M. Bernard Fournier . - J’évoquerais la situation de Vincent Lambert, qui suscite beaucoup de débats et d’émoi, sans céder aux tentations des postures établies d’avance ou des certitudes toutes faites. Ayons l’humanité de compatir et l’humilité de reconnaître. Il y a un drame, la douleur d’un homme, le déchirement d’une famille, la détresse d’une épouse et l’espérance d’une mère.

Ni le droit ni la médecine ne nous offrent de réponses. La cour d’appel a rendu hier son verdict. Qui croire, que croire ? Ayons la force d’esprit et de coeur d’admettre que nous ne savons pas. Qui sait ce que voudrait Vincent Lambert ?

Jusqu’où considérer qu’une vie ne vaut plus la peine d’être vécue ? L’incertitude fait craindre à beaucoup de nos compatriotes une dérive éthique préjudiciable aux plus fragiles. Ne faut-il pas dès à présent tirer les leçons de ce drame ?

Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé . - Comme beaucoup de Français, nous sommes bouleversés par ce drame familial, touchant à l’intime.

L’État français a été soucieux que la procédure d’arrêt de traitement respecte le cadre de la loi Claeys-Léonetti de 2016.

Hier la cour d’appel de Paris a demandé la reprise des soins, afin de suivre les recommandations du comité des droits des personnes handicapées de l’ONU. L’équipe médicale appliquera ces mesures provisoires. Respectons la douleur de la famille.

La seule solution, c’est que chacun remplisse ses directives anticipées sur sa fin de vie, en indiquant son refus ou sa volonté de poursuivre ou d’arrêter les traitements, ce qui permet aux équipes médicales de les prendre en compte. Elles sont disponibles sur internet et dans le dossier médical partagé.