Pascale Gruny : Il faut remettre à plat la réforme de la PAC !

Question d’Actualité au Gouvernement portant sur la réduction du budget de la Politique Agricole Commune (PAC), posée par la sénatrice de l’Aisne Pascale Gruny, au Ministre de l’Agriculture, le mardi 13 mars 2019.

Mme Pascale Gruny - L’annonce de la baisse drastique du budget de la Politique Agricole Commune est un choc avec la baisse de 8 milliards d’euros du budget. Le risque de renationalisation de la PAC menace, où les États définiront eux-mêmes les conditions à respecter pour bénéficier des aides agricoles. Cela signifierait plus de concurrence avec nos voisins, un contrôle accru de la Commission européenne et toujours plus de complexité.

Les commissions des affaires européennes et des affaires économiques du Sénat ont adopté à l’unanimité une proposition de résolution européenne sur la PAC.

Allez-vous saisir cette opportunité pour remettre à plat une réforme mal engagée ? Aucun de vos prédécesseurs n’a renoncé aux positions françaises sur la PAC.

Alors que l’Inde, la Chine et les États-Unis mettent un « pognon de dingues » sur leur volet agricole, ne laissez pas l’histoire se souvenir de vous comme le ministre de l’agriculture qui aura fait renoncer la France et l’Europe à leur ambition agricole !

M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation - Madame la sénatrice, ne cédez pas aux sirènes ultralibérales de la Commission européenne. La France ne veut pas de la proposition budgétaire de la Commission européenne pour la PAC, avec une baisse de 4,5 % sur le premier pilier et de 15 % sur le deuxième pilier. Le président de la République l’a dit au Salon de l’agriculture : la réforme est inacceptable, en l’état. Cependant, le budget de la PAC va diminuer du fait du Brexit : dire le contraire, ce serait mentir !

Ce qu’il faut, c’est que cette baisse n’excède pas l’effet mécanique du retrait des Britanniques : c’est la position de la France et de vingt pays de l’Union - que nous avons exprimée dans l’appel de Madrid, pour dire notre attachement à la PAC intégrée. Il est hors de question que nous allions vers une PAC renationalisée, nous sommes tous favorables à une PAC intégrée. Nous verrons ensuite ce que nous mettrons dans la PAC après le retrait britannique.

Mme Pascale Gruny. - Le 24 mai dernier, le commissaire Oettinger dénonçait un double langage de la France. Au Salon de l’agriculture, nous avons entendu un très beau discours du président de la République. Désormais, nous voulons des actes !

[VIDEO] Revoir la QAG de la sénatrice Pascale Gruny et la réponse du Ministre