La tribune d’Emmanuel Macron, c’est un peu la tirade du Tartuffe de la scène européenne

Emmanuel Macron prétend rassembler l’Europe alors qu’il ne cesse, depuis des mois, de jeter de l’huile sur le feu. Pour rassembler les Européens, encore faudrait-il ne pas les diviser inutilement en installant ce faux clivage entre les progressistes et les nationalistes. Encore faudrait-il ne pas provoquer les italiens en parlant de lèpre populiste ou mépriser les polonais en remettant en cause la légitimité de leur gouvernement. Entre les grands discours et les petites phrases, Emmanuel Macron doit choisir.

Emmanuel Macron prétend réformer l’Europe alors qu’il n’a obtenu aucune vraie réforme sur le travail détaché, qu’il cède à Bruxelles sur le budget pour nos agriculteurs ou qu’il a échoué à faire émerger un géant européen du ferroviaire. Emmanuel Macron est isolé sur la scène européenne, il n’a été suivi par aucun autre pays sur ses propositions, qu’il s’agisse de la réforme de la zone euro ou de la taxation des Gafa. Surtout, avec un déficit en hausse et une compétitivité en berne, la France est la lanterne rouge de l’Europe.

Emmanuel Macron devrait commencer par réformer la France avant de prétendre réformer l’Europe. Emmanuel Macron prétend faire renaître l’Europe alors qu’il propose la vieille Europe, l’Europe des structures technocratiques, avec encore une conférence, encore une agence, encore une banque. Emmanuel Macron appelle à une Renaissance de l’Europe mais cette renaissance est une obsolescence. En Europe comme en France, nos concitoyens attendent une Europe des résultats, pas une Europe des débats.

Au fond, cette tribune européenne est une tribune très macronienne : incantatoire et technocratique, c’est une tribune qui enfile les mots comme on enfile les perles.

Bruno Retailleau
Président du groupe Les Républicains au Sénat