Cédric Perrin : Pourquoi mettre les parlementaires à distance ?

Question d’Actualité au Gouvernement posée par Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort, le jeudi 14 février 2019.

M. Cédric Perrin . - Monsieur le Premier ministre, Emmanuel Macron a organisé le grand débat. Concertation, discussion, négociation, ouverture, écoute  : ces mots martelés par le président de la République sont devenus l’alpha et l’omega de sa méthode... mieux vaut tard que jamais ! C’est le seul moyen de sortir de la crise.

Mais cette nouvelle méthode aurait-elle échappé à votre Gouvernement ? Réforme de la justice contre tous les professionnels, malgré une table ronde organisée par le Sénat pour vous tendre la main, loi Santé sans concertation, réduction de la desserte TGV que les Français n’ont pourtant pas demandée, carte pénitentiaire imposée sans dialogue avec les élus locaux, ordonnances sur toujours plus de sujets...

Pourquoi mettre les parlementaires à distance, si vous recherchez l’apaisement ? Quand accepterez-vous la seule méthode qui fonctionne : la concertation ?

M. Marc Fesneau, ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement . - Merci de cette question qui vient à point. Le grand débat est en cours ; vous citez des textes sur lesquels nous avons des désaccords... Il faut bien les acter, mais sans oublier ceux sur lesquels nous avons trouvé des accords, par exemple la loi ferroviaire. C’est le jeu normal de la démocratie.

Le Parlement sera saisi des questions traitées par le grand débat, car il faudra aussi revitaliser la démocratie représentative dans son rôle d’interface entre le Gouvernement et les citoyens. Nous comptons sur le Parlement pour cela.

M. Cédric Perrin. - Pour dialoguer, il faut être deux ; quand il y a décalage entre les annonces et les actes, le remède peut être pire que le mal - gare à la déception qui risque d’être à la hauteur des espoirs !