Dominique de Legge : « Ayez le courage de nommer les auteurs de ces violences antisémites ! »

Question d’Actualité au Gouvernement posée par le sénateur Dominique de Legge (Ille-et-Vilaine), au sujet des récents actes antisémites et profanations d’églises, le jeudi 14 février 2019.

M. Dominique de Legge . - Cette semaine, des violences à l’encontre des juifs et la promotion de la barbarie nazie ont marqué l’actualité. La première semaine de février, sept édifices catholiques ont été profanés. Comme si à la crise sociale, à la crise territoriale s’ajoutait une crise du coeur, qui touche l’essence de notre humanité, à notre histoire personnelle et collective.

Or la République laïque doit garantir à tous la liberté de croire ou de ne pas croire.

Quelles dispositions prendrez-vous pour garantir une spiritualité apaisée, pour que la France reste le pays des Lumières et ne devienne pas celui de la barbarie et de l’obscurantisme ?

N’est-il pas temps de nommer les fauteurs de troubles ?

M. Édouard Philippe, Premier ministre . - Vous m’interrogez sur le climat nauséabond qui se répand dans notre pays. Vous m’interrogez avec gravité et demandez des réponses effectives : nous sommes en phase. Les actes antisémites, inacceptables, répugnants, se multiplient : menaces contre les personnes, tags, attaques contre les symboles, à l’exemple de l’atteinte à la mémoire d’Ilan Halimi à Sainte-Geneviève-des-Bois.

Vous faites bien de rappeler que la République respecte le sacré. Nous avons le droit de croire ou de ne pas croire ; quand nous croyons, nous devons être respectés. Toujours, sous la République, on a respecté les églises, les cimetières, les lieux de culte. Le dire ne suffit certes pas mais le jour où nous ne le dirons plus, nous serons perdus.

Il faut certes aller plus loin. Le Gouvernement agit dans plusieurs domaines. Celui de la formation des policiers, gendarmes et magistrats d’abord, car ces actes doivent être mieux décelés, faire l’objet d’instructions plus complètes et de sanctions plus sévères. Celui de l’éducation ensuite - combat ancien mais permanent contre l’ignorance et l’obscurantisme. Ce combat est difficile. L’expression « hussard noir » faisait référence à l’uniforme des instituteurs mais aussi à leur combat. Partout, nous devons livrer ce combat contre la haine, les préjugés, la bêtise la plus crasse et la méchanceté la plus vile.

Nous aurons encore l’occasion, en 2019, de renforcer notre droit, notamment sur la responsabilité des gestionnaires de réseaux sociaux qui prétendent n’en être que les hébergeurs. Nous avons engagé la discussion avec nos partenaires européens et agirons au plan national.

Enfin, il faut nommer ceux qui commettent de tels actes. Du vieil antisémitisme français, qui n’a jamais été l’apanage d’une seule famille politique, à cet antisémitisme résurgent qui se nourrit du conflit israélo-palestinien et de l’islamisme radical, tous doivent être combattus. Soyez assuré de l’indéfectible détermination du Gouvernement.

M. Dominique de Legge. - Il faut avoir le courage de nommer les auteurs : c’est l’extrême-gauche antisémite, l’islamisme radical qui veut imposer la charia et l’extrême-droite néonazie.

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde », disait Albert Camus