M. Pascal Allizard : retour des djihadistes sur le sol français

M. Pascal Allizard . - Ces dernières années, de nombreux Français ont rejoint les rangs de l’État islamique au Levant. Ils se sont rendus tristement célèbres par leurs exactions pour imposer l’ordre tyrannique de Daech. Voulant mettre la France à genoux, ils ont utilisé les réseaux sociaux pour appeler de jeunes Français à les rejoindre ou à commettre des attentats sur notre sol.

Aujourd’hui, un certain nombre de ces individus sont prisonniers des forces kurdes en Syrie. Le désengagement américain du Levant pose la question de leur devenir.

Comment le Gouvernement entend-il protéger les Français de ces criminels ennemis de la République, alors que la menace terroriste reste très élevée dans notre pays ?

M. Édouard Philippe, Premier ministre . - Notre préoccupation à tous est de garantir la sécurité des Français. C’est pour cela que nous combattons Daech dans la région, que nous conduisons des opérations contre des terroristes qui, quelle que soit leur nationalité, sont traités en ennemis.

Certains de ces combattants français ont été rejoints par leur conjoint et ont eu des enfants ; d’autres sont détenus par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie. Notre objectif est que ceux qui ont commis des crimes soient jugés et condamnés à la hauteur de ces crimes, qui sont immenses.

Lorsqu’en Irak un certain nombre de Français ont été arrêtés, jugés et condamnés, nous n’avions rien à redire. La situation est différente dans le nord-est de la Syrie, car le désengagement unilatéral des États-Unis a suscité chez les Kurdes des interrogations considérables et pourrait entraîner des réorganisations de l’effort militaire et la dispersion de ces terroristes. Cela ne serait dans l’intérêt de personne ! Si ces personnes étaient expulsées de Syrie et venaient à entrer en contact avec les autorités françaises, elles seraient immédiatement arrêtées, soumises à la justice et, je l’espère, punies sévèrement.

Le simple fait d’avoir été sur place est souvent constitutif d’un crime. J’ai entendu ces jours-ci des propos d’une réelle hauteur de vue, mais aussi des propos d’une facilité confondante. Notre objectif est d’empêcher la dispersion de ces terroristes. Nous prendrons toutes nos responsabilités et ferons le nécessaire pour que ces personnes, si elles étaient expulsées, fassent l’objet de procédures judiciaires extrêmement sévères dans notre pays.

M. Pascal Allizard. - Il faut dire la vérité aux Français : ces prisonniers ne risquent-ils pas d’être échangés par les milices contre des prisonniers kurdes détenus par Daech ?

La réponse judiciaire envers les revenants est tributaire de la preuve. Ils tenteront de minimiser leur rôle... Un dossier fragile signifie une condamnation faible et un retour dans la société à brève échéance.

M. Pascal Allizard. - C’est un problème dont l’Europe doit se saisir. La Charte de Londres et le Statut de Rome permettent la poursuite de ces personnes pour crime de guerre et crime contre l’Humanité.