Anne Chain-Larché : Fermeture de classes dans le monde rural

Question d’Actualité au Gouvernement de la sénatrice Anne Chain-Larché sur la fermeture de classes en milieu rural, le jeudi 31 janvier 2019.

Mme Anne Chain-Larché . - Ma question s’adressait à M. le ministre de l’Éducation nationale. Il y a un an, je l’interrogeais sur les projets de fermeture de classes en milieu rural. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer, la France périphérique se sent plus que jamais abandonnée.

En Seine-et-Marne, on annonce près de 180 fermetures touchant plus de 150 communes sur 507, contre moins d’un tiers d’ouverture. Les habitants sont exaspérés, les élus locaux désespérés.

En fermant ces classes, quel avenir réservez-vous au monde rural ?

M. Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse . - Je vous prie d’excuser M. Blanquer, retenu à l’Assemblée nationale pour une proposition de loi sur l’école inclusive.

Votre question renvoie au sujet sensible de la présence des services publics dans nos territoires ruraux. Depuis deux ans, ils font l’objet d’un effort colossal. En 2018, les 45 départements les plus ruraux ont perdu 40 000 élèves mais gagné 400 postes de professeur. Ce mouvement va se poursuivre avec 2 235 postes supplémentaires en 2019, malgré la baisse démographique. En Seine-et-Marne, ce seront 700 élèves en moins mais 40 professeurs supplémentaires à la rentrée 2019.

Le président de la République s’est engagé, lors de la Conférence nationale des territoires, à ce que les services académiques fassent preuve d’une vigilance accrue sur cette question, en lien avec les élus locaux. À ce stade, aucune fermeture ni ouverture de classes n’a été actée pour 2019. Il faut attendre les inscriptions pour trancher. Une dizaine de conventions ruralité ont été signées en 2018, notamment grâce à l’implication d’Alain Duran. La mission Azéma-Mathiot est en cours ; des adaptations seront donc à prévoir.

Mme Anne Chain-Larché. - Nous les attendons ! Dans un même regroupement pédagogique, il y a eu deux fermetures en deux ans. Cela touche des enfants dont le seul tort est de vivre à la campagne, mais aussi des enseignants, des villages dont le dynamisme va être anéanti, des territoires qui souffrent et que vous refusez d’entendre.

Ces Français « qui ne sont rien », qui « roulent au diesel et fument des clopes », sont aussi la France. Vous leur promettez un grand débat mais ne leur laissez aucune chance. Tout cela n’est qu’enfumage ! Vous ne réparerez pas la France en organisant les clivages !