Sophie Primas : « N’auriez-vous pas dû écouter le Sénat en loi de finances comme vous l’avez fait sur la loi ELAN ? »

Question d’Actualité au Gouvernement posée par Mme Sophie Primas, sénateur des Yvelines et présidente de la commission des affaires économiques du Sénat, le jeudi 31 janvier 2019.

Mme Sophie Primas . - Monsieur le ministre, voici deux ans que vous avez pris les rênes du ministère du logement. La relance du logement a été une de vos premières préoccupations mais aussi la cible des foudres de Bercy. Les chiffres sont inquiétants. En 2018, le nombre de mises en chantier a baissé de 18 % ; le nombre de permis de construire a également baissé, le recul s’accentuant au quatrième trimestre ; le taux d’annulation des logements collectifs autorisés est de de 27,3 %.

Exclusion du dispositif Pinel, fin de l’APL accession, limitation du PTZ, coupes dans les ressources des bailleurs sociaux, toutes ces mesures ont eu les conséquences prévisibles que M. Dallier et Mme Estrosi vous avaient annoncées. N’auriez-vous pas dû écouter le Sénat en loi de finances comme vous l’avez fait sur la loi ELAN ?

M. Julien Denormandie, ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ville et du logement . - Les chiffres de 2018 sont moins bons que ceux de 2017 : 400 000 logements commencés, 460 000 autorisés. Ils restent néanmoins très supérieurs à la moyenne des cinq dernières années.

Nous manquons de logements. On construit autant qu’au début des années 1980 alors qu’il y a 13 millions d’habitants en plus et que les divorces accentuent la pression sur le logement.

Pour encourager la construction, nous devons d’abord mettre en oeuvre rapidement la loi ELAN sur laquelle vous vous êtes tant impliquée, madame la présidente, ainsi que Mme Estrosi Sassone. Merci d’avoir accepté de participer au comité de suivi.

Il faut lever les inquiétudes dans le logement social. Nous avons travaillé hier avec M. Dallier sur la clause de revoyure. Je l’en remercie et salue son implication.

Enfin, il faut poursuivre la réhabilitation des logements. Dans ce domaine, les chiffres sont meilleurs : l’Anah a réalisé 17 % de réhabilitations en plus. La tragédie de Marseille en a rappelé l’urgence. Sans doute a-t-on manqué d’une approche différenciée selon les territoires.

Mme Sophie Primas. - La sensibilité du logement aux décisions budgétaires est extrêmement forte. Vu le coup de frein de l’année dernière, il sera difficile de faire redémarrer ce secteur si on n’y met pas les moyens, quand bien même il y aurait la loi ELAN ou la loi Pacte.