Catherine Deroche sur la politique fiscale du gouvernement

Question d’Actualité au Gouvernement posé par Catherine Deroche, sénateur du Maine-et-Loire, au sujet de la politique fiscale du gouvernement.

Mme Catherine Deroche . - Depuis plusieurs mois, le Gouvernement multiplie les atermoiements et les annonces et décisions contradictoires en matière fiscale - exit tax, CSG, charges sur les heures supplémentaires, impôts sur les successions, ISF, et j’en passe, à quoi le président de la République, devant des élus de Normandie, vient d’ajouter l’idée de revenir sur les 80 km/h...

Monsieur le ministre de l’économie, quelle est donc la feuille de route du Gouvernement en matière de politique fiscale ?

M. Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances . - Notre feuille de route est claire : réduire les impôts pour les ménages et les entreprises. Vous connaissez ma position sur la taxe d’habitation : je souhaite la supprimer pour tous les contribuables, ce qui n’empêche pas d’en débattre. Je souhaite, de même, baisser la fiscalité du capital, parce que moins d’impôts sur le capital, c’est plus d’investissement, donc plus d’emplois. (Vives exclamations à gauche) C’est pourquoi, aussi, je suis contre le rétablissement de l’ISF et la suppression du prélèvement forfaitaire unique - vous êtes, comme moi, favorables à la ré-industrialisation de notre territoire, à l’investissement !

Il faut baisser l’impôt sur la production, il n’a fait qu’augmenter depuis vingt ans, avec un résultat que nous déplorons tous, la désindustrialisation : c’est donc que nous n’étions pas sur la bonne voie ! Notre objectif, c’est donc de faire passer l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % d’ici 2022. Cela n’empêche pas de trouver de l’argent (Mme Éliane Assassi ironise.), notamment auprès de géants du numérique.

Mme Catherine Deroche. - Hélas, certains de vos collègues du Gouvernement tiennent des propos différents.

Il est dommage que vous n’ayez pas écouté davantage les sénateurs, qui sont au plus près des territoires.

Le tango permanent du Gouvernement sur les sujets fiscaux est anxiogène pour les Français.

Comme le dit un économiste pourtant modéré, « La politique fiscale du Gouvernement, ce n’est plus une usine à gaz, c’est une vaste zone industrielle ! »