Gérard Larcher était l’invité du Grand Jury de RTL

Le président du Sénat a répondu aux questions de Benjamin Sportouch (RTL), Alexis Brézet (« Le Figaro ») et Adrien Gindre (LCI), dimanche 2 décembre 2018.

Le président du Sénat Gérard Larcher a exhorté dimanche l’exécutif à apporter « une réponse politique » à la crise des « gilets jaunes », jugeant que le gouvernement n’avait « pas droit » à « un troisième samedi noir » après les violentes manifestations de samedi.

« Le gouvernement n’a pas le droit à un troisième samedi noir » après la journée de samedi où l’État de droit a été « bafoué » et « la République malmenée », a réagi M. Larcher (Les Républicains) lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Mais « la réponse doit être d’abord politique », a-t-il ajouté, réitérant son appel à un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants prévue le 1er janvier.

« Je suis pour une réponse rapide. Le gouvernement a les moyens de cette réponse. L’Assemblée dans dix jours va discuter à nouveau du niveau des taxes sur l’énergie » que le Sénat à majorité de droite a voté dans le cadre du budget, a-t-il rappelé.

« Ma responsabilité de président d’une institution telle que le Sénat est de rappeler l’essentiel : maintenant, il faut qu’on sorte de cette crise », a lancé M. Larcher qui a évoqué un gouvernement « figé dans son attitude, entêté » et des « gilets jaunes » qui se sont « laissés déborder par les ultraviolents ».

Sur la gestion de l’ordre public, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner « devra répondre devant la représentation nationale, et ce dès mardi au Sénat » devant la Commission des Lois, a souligné M. Larcher.

Le dispositif était adapté ? « C’est ce qu’il faudra éclaircir dès mardi de manière claire, au delà des manifestations d’autosatisfaction », a-t-il dit, critiquant le choix de « considérer les Champs-Élysées comme une fan-zone ».

Le président du Sénat n’a pas totalement écarté l’hypothèse du retour de l’État d’urgence. Il n’a pas écarté non plus la piste d’un référendum lancée par le président de son parti Laurent Wauquiez, mais en soulignant que cette procédure prenait « du temps » et qu’il y avait « urgence ».

Faut-il interdire une éventuelle prochaine manifestation ? « Si on est incapable de la maîtriser, il faut l’interdire ». « Nous verrons dans quel état est l’exécutif. C’est sa mission, son devoir ».

© 2018 AFP