Le Sénat vote contre l’augmentation de la taxe sur les carburants : pour Michel Raison, « ce vote offre au Chef de l’Etat une possible sortie de crise »

A l’occasion de l’examen hier soir du projet de loi de finances 2019, le Sénat a supprimé l’augmentation de la taxe sur les carburants. « Un vote nécessaire. Parce qu’il apporte une première réponse à la colère légitime d’une majorité de Français mais aussi, parce qu’il marque un coup d’arrêt aux approximations et contre-vérités diffusées par le Gouvernement » explique Michel Raison, Sénateur de la Haute-Saône.

« Depuis plusieurs semaines, l’Exécutif se réfugie derrière le prétexte de la transition énergétique pour justifier la hausse de la TICPE » déplore le Sénateur qui comprend l’exaspération des français face à cet argument qui se veut culpabilisant.

Premièrement, si la lutte contre la pollution par le diesel était réellement l’objectif visé, un autre choix aurait pu être fait en matière de convergence essence-diesel : baisser la taxe sur l’essence plutôt qu’augmenter celle sur le diesel. Mais c’est un choix de rendement budgétaire qui a été opéré en 2015 sous François Hollande et aggravé par Emmanuel Macron, avec un produit supplémentaire attendu de 46 milliards d’euros jusqu’en 2022. Et ça, les français l’ont bien compris.

Deuxièmement, la hausse de la TICPE représente dès 2019 plus de 3 milliards d’euros supplémentaires qui ne sont pas intégralement affectés à la transition écologique dans les transports ou la rénovation de l’habitat par exemple.

Troisièmement, il aura fallu la pression des « gilets jaunes » pour que le Gouvernement concède en urgence un plan de 500 millions d’euros en soutien aux plus fragiles. Mais ce plan ne répond pas aux besoins exprimés par ceux qui n’ont d’autre choix que de se déplacer avec leur voiture, en particulier pour leur travail et en particulier en milieu rural où la double peine s’applique pour les ménages se chauffant au fioul.

«  Par ce vote, le Sénat offre une solution au Gouvernement pour sortir de l’impasse et apaiser un climat social explosif qu’il a lui-même créé. Le Gouvernement aura ainsi la possibilité de transformer le mea culpa abstrait du Chef de l’Etat en décision concrète et comprise » plaide le Sénateur.

Dans cette perspective, Michel Raison souhaite que le dialogue soit enfin noué entre le Gouvernement et les nouveaux représentants des gilets jaunes. Il appelle également ces derniers à maîtriser tout débordement pour ne pas discréditer un mouvement manifestement spontané.