Laurent Duplomb sur la hausse des taxes sur le carburant : « Le réservoir est déjà épuisé ! »

Question d’Actualité au Gouvernement posée le mardi 13 novembre 2018 par Laurent Duplomb, Sénateur de la Haute-Loire, à l’intention du Premier Ministre sur la hausse des taxes sur le carburants.

M. Laurent Duplomb - Monsieur le Premier ministre, rappelez-vous la fameuse discussion de Colbert et Mazarin :

Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerai que Monsieur le Surintendant m’explique comment s’y prendre pour dépenser encore lorsque l’on est endetté jusqu’au cou.

Mazarin : Quand on est un simple mortel et que l’on est couvert de dettes, on va en prison. L’Etat, lui...

Colbert : Comment en trouver lorsque l’on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin : On en créé d’autres.

Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres, puisqu’ils le sont déjà.

Mazarin : Les riches non plus, ils ne dépenseraient plus. Il y a quantité de gens entre les deux, ni pauvres, ni riches. Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres. C’est ceux-là que nous devons taxer ; encore plus, toujours plus. Ceux-là, plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser : c’est un réservoir inépuisable.

Le réservoir n’est-il pas épuisé, monsieur le Premier ministre ?

M. François de Rugy, ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire - Nous ne sommes plus tout à fait à l’époque de Colbert et Mazarin...

Moins taxer le travail, moins l’emploi, moins les entreprises, davantage le carbone : voilà ce que nous avions annoncé. Et nous avons pris des mesures pour accompagner ces changements : 250 000 Français ont pu changer de voiture grâce à la prime à la casse, un million de Français ont pu faire des travaux de maîtrise d’énergie et 3,6 millions d’entre eux ont bénéficié du chèque énergie.

Hier, au lycée Clemenceau, à Nantes, j’ai cité sa définition du courage. Oui, le courage, pour lui, « c’est d’aller tout droit devant soi, on doit en souffrir, on sera méprisé, détesté, on recevra de la boue, on n’aura pas d’applaudissements, mais il faut savoir choisir entre les applaudissements d’aujourd’hui qui sont d’un certain prix, et ceux qu’on se donne à soi-même, quand avant d’entrer dans le néant, on peut se dire : j’ai donné à mon pays ce que je pouvais » !

M. Laurent Duplomb -

N’entendez-vous donc pas le ras-le-bol des Français, qui paient plus pour le gaz, le carburant, la CSG, et j’en passe ?

Le Gouvernement, dans le même temps, incapable de maîtriser la dette galopante, de réduire le déficit, ne se prive pas pour autant de donner des leçons à tout le monde, en particulier à ceux « qui roulent en diesel et fument des clopes ».

Attention, monsieur le Premier ministre, à ne pas répéter l’erreur de Marie-Antoinette qui conseillait de manger de la brioche à ceux qui n’avaient pas de pain !

https://www.youtube.com/watch?v=bkB...