François Grosdidier : « Allez-vous entendre le cri de détresse des forces de l’ordre ? »

Question d’Actualité au Gouvernement du sénateur François Grosdidier, portant sur le malaise des forces de l’ordre et le suicide de la policière Maggy Biskupski, présidente de la Mobilisation des Policiers en Colère.

La question était adressée au Premier Ministre, c’est le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner qui y a répondu.

M. François Grosdidier - J’ai le coeur gros comme tous les policiers qui pleurent Maggy Biskupski, présidente de la Mobilisation des policiers en colère, qui s’est suicidée hier, quelques jours après le suicide d’un gendarme chez vous, monsieur le Premier ministre, à Matignon, et d’un autre policier de la PAF.

Malgré toutes les mesures de prévention des risques psychosociaux, ça n’arrête pas ! Notre commission d’enquête a décrit les raisons, anciennes ou récentes, de cette détresse. Vous avez refusé de nous donner acte de nos 36 propositions, concrètes et réalistes, le 5 juillet dernier.

Policiers et gendarmes s’interrogent sur le sens de leur mission. Maggy était venue au Sénat le 5 juillet dernier avec son collègue Lebeau. Nous avions écouté avec gravité ses propos sincères, courageux, lucides et admiré son sens du devoir, intact. Vous ne l’avez pas écoutée mais faites entendre par l’IGPN.

Allez-vous, enfin, fût-ce à titre posthume, entendre son cri de détresse ?

M. Christophe Castaner, ministre de l’intérieur - Je vous invite, avant de les commenter, à attendre les résultats de l’enquête pour connaître les raisons de cet événement tragique , la mort d’une femme, d’une femme gardien de la paix, d’une femme engagée pour défendre la cause des policiers.

Même si le nombre de suicides baisse , le mal-être des policiers est une réalité. Nous la connaissons. Maggy a su l’incarner. Je l’ai constaté récemment, en me rendant avec Laurent Nunez à Viry-Châtillon, là où des véhicules de police ont été attaqués avec des cocktails Molotov par une quinzaine de jeunes qui souhaitaient les brûler, et brûler vifs les policiers qui étaient à l’intérieur, là même d’où est parti le cri de colère qu’elle incarnait. J’ai constaté qu’il s’agissait d’un acte de guerre. Aujourd’hui, treize de ces jeunes responsables présumés sont en prison. J’ai aussi rencontré ces élus, de couleurs politiques différentes, qui oeuvrent à défendre la République, à reconquérir ce quartier, où M. Cazeneuve avait immédiatement dépêché à l’époque une centaine de policiers supplémentaires et où les moyens ont été considérablement renforcés depuis deux ans.

Il faut en effet continuer à renforcer les moyens financiers mais aussi d’équipements. C’est ce que nous faisons, avec un niveau en véhicules jamais vu. Le renforcement de la procédure pénale est une autre voie, proposée par la garde des Sceaux pour éviter que les policiers passent trop de temps à des procédures administratives parce que c’est leur demande.

https://www.youtube.com/watch?v=DpN...