Dominique Estrosi-Sassone : « La guerre contre la barbarie et le terrorisme islamiste n’est pas finie »

Question d’Actualité au Gouvernement posée par Dominique Estrosi-Sassone, Sénateur Les Républicains des Alpes-Maritimes, le mardi 13 novembre 2018.

La question était adressée au Premier Ministre, M. Edouard Philippe, et portait sur la menace terroriste en France.

Mme Dominique Estrosi Sassone - Il y a trois ans, les attentats du 13 novembre faisaient plus de 130 morts et 400 blessés. Nous pensons aux victimes de Paris, Nice, Toulouse, Trèbes, Saint-Étienne-du-Rouvray ou Carcassonne. Nous rendons hommage aux familles toujours dans la douleur, aux gendarmes, aux policiers et aux secours qui ont vécu l’horreur de ces crimes.

La guerre contre la barbarie et le terrorisme islamiste n’est pas finie. Les 55 projets d’attentats déjoués depuis 2013, dont six cette année, en sont la preuve.

Comment lutter contre ce fléau si le ministre de l’intérieur refuse de désigner les racines de la menace : l’islamisme radical et le communautarisme qui sont ce nouvel antisémitisme dont votre Gouvernement refuse de parler ? Nous devons réarmer moralement le pays et le reconquérir au nom de la République !

M. Édouard Philippe, Premier ministre - Ce matin, en Seine-Saint-Denis, nous avons rendu hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. L’émotion était forte pour les victimes et leurs familles qui revivent tous les jours l’attaque. Elle était très vive aussi pour les forces de secours et de sécurité. Je rends hommage à tous ceux qui ont fait de leur mieux ce jour-là.

Nous ne nommerions pas la menace ? Ce débat est clos et révolu. Notre ennemi est connu, c’est le terrorisme islamiste - ce Gouvernement, comme les précédents, l’ont désigné. Contre ces terroristes, il faut faire prévaloir ce que nous sommes, d’abord parce que les terroristes qui ont attaqué notre territoire voulaient s’en prendre à notre liberté, à notre sens de la fête, à notre capacité à débattre. En un mot : à la République française. C’est tout cela que nous devons défendre - et nous le faisons le mieux en étant nous-mêmes, en assumant ce que nous sommes et en dotant nos forces de sécurités des moyens propres à ce qu’elles assurent la sécurité des Français.

La menace terroriste n’a pas disparu. Nous en sommes tous parfaitement conscients. C’est pourquoi nous réarmons nos forces de sécurité et en augmentons les effectifs et les moyens - parce qu’elles ont pu manquer de moyens dans les dernières années.

Ce combat n’est pas simplement sécuritaire. Il est aussi culturel et social ; il est républicain. Nous regardons la réalité en face sur le terrain. Sans pouvoir garantir le risque zéro, nous voulons garantir à nos concitoyens le plus haut niveau de sécurité possible.

Mme Dominique Estrosi Sassone - Vous ne seriez plus dans le déni, c’est une bonne chose, ce n’était pas le cas jusqu’à présent !

Le déni n’est pas une solution. Ne pas désigner l’islamisme radical contribue à faire perdurer la situation ! Jusqu’alors, le silence a empêché la France de lutter efficacement contre ce fléau.