Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) : un équilibre financier fragile

Le Sénat a débuté, lundi 12 novembre, l’examen du budget de la Sécurité sociale. Pointant un équilibre fragile et des mesures contestables, le Sénat propose de corriger le texte.

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 se distingue surtout par la fin assumée des missions sociales et politiques de la sécurité sociale. En évoluant vers un modèle anglo-saxon qui limite la protection sociale publique à un filet de sécurité pour les plus démunis, le Gouvernement enterre la sécurité sociale de 1945 sans proposer d’alternative pour solidariser l’ensemble de la société.

Les sénateurs Les Républicains craignent que le « nouveau monde » ne soit qu’un slogan et qu’il génère une régression sociale et sociétale, faute d’innovation et de réflexion globale sur le système social. Aussi, considérant que le choix du gouvernement de prendre, une fois de plus, pour cible les retraités et les familles et de ne pas mettre en œuvre de réelle réforme structurelle en matière de santé est contestable, les sénateurs Les Républicains proposent de maintenir la revalorisation des pensions de retraite et des prestations familiales au niveau de l’inflation.

Par ailleurs, malgré un retour à l’équilibre fragile dans les dépenses comme dans les recettes, le Gouvernement annonce la fin d’une règle d’or : la compensation intégrale des allègements de charges par l’État. Le groupe LR qu’il n’est pas acceptable d’opérer des ponctions sur des excédents virtuels, surtout sans accord politique sur les principes qui guideront, à l’avenir, les relations État - Sécurité sociale. Il proposera donc la suppression cette anticipation.

Alain Milon, président de la commission des Affaires sociales proposent donc « des états généraux de la santé avec un vrai débat public et démocratique sur les orientations et les financements. »