Que vaut la parole du président de la République ?

Le projet de loi de finances rectificative (PLFR 2018) annule purement et simplement 400 millions de crédits au ministère de la défense pour lui permettre de financer l’intégralité des surcoûts liés aux opérations extérieures, OPEX.

Le ministère de la défense devra donc assumer seul le surcoût des opérations extérieures estimées à 583 millions.

Pour Dominique de Legge, sénateur LR rapporteur du budget des armées, non seulement cette décision est une entorse à ce qui a toujours prévalu, à savoir que le surcoût des OPEX fasse l’objet d’un financement par la solidarité interministérielle, mais elle remet en cause la bonne exécution du budget 2019 des armées, première année d’entrée en vigueur de la nouvelle loi de programmation militaire. Avec cette décision c’est toute la crédibilité de la loi votée il y a quelques mois et les engagements du Président de la République de consacrer 2% du PIB à la défense qui sont remis en cause. Sans compter que Bercy gèle toujours 247 millions de crédits. Si ceux-ci n’étaient pas débloqués le ministère de la défense connaitrait une amputation de ses moyens de 827 millions en 2018. Sensiblement la même somme que celle qui avait conduit l’an passé à la démission du chef d’état-major des armées.

Décidément le Président de la république a une curieuse façon de rendre hommage aux armées. Moins 850 millions à la veille du 14 juillet 2017. Moins 827 millions lors de « l’itinérance mémorielle » du centenaire de la grande guerre.

Dominique de Legge
Sénateur d’Ille-et-Vilaine