Bruno Retailleau : « Quand cesserez-vous de faire des élus de France des boucs émissaires ? »

Question d’Actualité au Gouvernement posée par Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président Les Républicains Sénat, mardi 16 octobre 2018, à l’intention du Premier Ministre Edouard Philippe.

M. Bruno Retailleau : "En 2010 en Vendée, j’ai connu la tragédie de Xynthia : 29 morts dans une seule commune. Au nom de mon groupe et du fond de mon coeur, je veux dire notre solidarité aux victimes de l’Aude et à nos collègues élus de ce département meurtri.

Ceux qui sont en première ligne, qui doivent organiser les solidarités d’urgence, annoncer les morts mais aussi réparer les vivants, ce sont les maires.

Cela rend d’autant plus insupportable l’opération de dénigrement #BalanceTonMaire. Si certains, dans la majorité, s’en sont distingués, le Gouvernement, lui, y a prêté la main en donnant le premier le signal de la curée !
Cette opération de stigmatisation est dangereuse. On ne peut à la fois dénoncer le populisme et jeter les maires en pâture. Il ne peut y avoir de démocratie nationale déconnectée de la démocratie locale. Entre démagogie et démocratie, il faudra choisir.

Quand cesserez-vous de faire des élus de France des boucs émissaires ?

Réponse du Premier Ministre :

Je suis sensible à votre éloquent plaidoyer : pour avoir moi-même exercé la fonction de maire, j’en connais les charmes, les difficultés, les moments terribles. Je vous rejoins sur le respect dû aux élus. Beaucoup au Gouvernement ont exercé ces fonctions, tous comprennent le rôle de ces experts de la démocratie.

Il ne m’appartient pas de commenter tel ou tel hashtag...

Vous ne décèlerez jamais dans mes propos l’once d’une critique de l’exercice par les maires de leur mandat. J’ai dit, lors d’une interview, que je remerciais les trente mille maires qui avaient choisi de ne pas augmenter le taux de la taxe d’habitation, et que les autres avaient pris leurs responsabilités.

Assumer des décisions, même impopulaires, c’est l’honneur des élus. Que des conseils municipaux aient décidé d’augmenter le taux de la taxe d’habitation, c’est leur liberté. C’est une donnée publique : il suffit de regarder sa feuille d’impôt. Je ne m’associerai jamais à une opération de délation, mais le dire - alors que le Gouvernement avait choisi la voie du dégrèvement à la demande des élus - n’est pas les pointer du doigt, c’est faire état d’un fait.

Réplique de Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et Président du groupe les Républiains Sénat :

Vous vous défaussez ! Jamais les maires n’ont été à ce point découragés.

Craignez le jour où plus aucun citoyen ne voudra s’engager pour la République. Quant à nous, au Sénat, sur tous nos bancs, nous continuerons à porter la voix de ces hommes et ces femmes qui sont les fantassins de la République et de la générosité française !