Bruno Retailleau était l’invité d’Europe 1

Au lendemain de l’officialisation de la démission du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a relevé dans son discours de départ des propos inquiétants sur l’état de la France.

Contrairement à nombre de ses amis, Bruno Retailleau n’avait pas publiquement demandé la démission de Gérard Collomb. C’est pourtant bien cette décision qu’a pris mardi soir le ministre de l’Intérieur, qui avait annoncé quelques jours plus tôt son intention de reprendre la mairie de Lyon. « On se trouvait ans une situation absolument inédite, et l’histoire se termine comme un vaudeville », a jugé jeudi matin Bruno Retailleau, interrogé par Audrey Crespo-Mara.

« C’est comme si Gérard Collomb annonçait une guerre civile ».

Mercredi matin, Gérard Collomb a donc officiellement donné les clés de la place Beauvau au Premier ministre Edouard Philippe, qui doit assurer l’intérim le temps de lui trouver un successeur. Et le discours de départ du ministre démissionnaire a « stupéfié » Bruno Retailleau. « Très peu de gens ont relevé le discours apocalyptique qu’il a tenu, lui, premier flic de France, sur le départ. Il a dit : ’en France, il y a un séparatisme. Il y a des quartiers qui sont sous la loi des narcotrafiquants et des islamistes. Aujourd’hui, les Français vivent côte à côte ; demain, ils pourraient vivre face à face’ », rapporte en substance Bruno Retailleau.

Reconquérir le territoire « rue par rue ».

« C’est comme s’il annonçait une guerre civile. Ça veut dire qu’il faut rétablir l’autorité de l’Etat », a-t-il estimé, rappelant qu’il avait lui-même fait « un certain nombre de propositions » pour reconquérir le territoire, « rue par rue ». « Si on ne le fait pas, la République reculera. Nous avons déjà trop reculé », juge-t-il. « Je pense comme Gérard Collomb que le communautarisme est en train de gagner du terrain. On a déversé des milliards de subventions, on a voulu acheter la paix sociale. Résultat : on a fait prospérer le désordre, et non pas la loi de la République », poursuit-il.