Sylviane Noel - « Le gouvernement est-il prêt à changer de méthode pour renouer le dialogue et redonner aux maires de France les moyens légitimes pour servir leur pays ? »

Première Question d’Actualité au Gouvernement (QAG) posée par Sylviane Noel, Sénateur de Haute-Savoie.

"Ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur.

Monsieur le ministre d’État, c’est la première fois que je prends la parole dans l’hémicycle depuis mon entrée au Sénat, en août dernier. Pendant dix ans, j’ai exercé le beau mandat de maire dans une petite commune de montagne. Très présente sur le terrain, je constate la résignation qui gagne les maires et, plus largement, l’ensemble des élus municipaux.

Baisse des dotations, suppression de la taxe d’habitation, diminution des contrats aidés, changements incessants des lois et réglementations, inflation des normes techniques coûteuses, fermeture des services publics, irrespect des lois et violences par les gens du voyage : la liste est longue des problèmes qui expliquent le ras-le-bol des maires. Des maires qui souffrent de ne pas se sentir considérés par l’État, dont ils sont pourtant les premiers serviteurs. Des maires qui, eux, établissent et font voter des budgets en équilibre, quand l’État, lui, n’a pas présenté un budget en équilibre depuis 1974. Des maires qui en ont assez d’être pointés du doigt par l’État pour leur gestion, alors qu’ils gèrent leur commune en bons pères de famille.

Cet été, un chiffre est passé inaperçu : plus de 1 000 démissions de maires ont été recensées depuis 2014. Gageons que, en 2020, malheureusement, ils seront nombreux à ne pas se représenter.

Aujourd’hui, monsieur le ministre d’État, les maires se posent des questions sur l’avenir du mandat municipal, et nous avec eux. Quand un député parisien de votre majorité déclare cet été qu’il suffit de regrouper les communes, que cherche-t-on : une République de « technotables » ?

Demain, comment le Gouvernement pourra-t-il réformer le pays sans le concours des communes et de leurs élus, alors que l’État n’a plus assez de services sur le terrain ? Comme le répète inlassablement le président du Sénat, l’État ne peut se réformer contre les territoires !

Notre République a besoin des communes, qui constituent le terreau de la démocratie. Les maires en sont les vigiles autant que les fantassins.

Monsieur le ministre d’État, ma question est simple : le Gouvernement est-il prêt à changer d’attitude et de cap pour renouer le dialogue avec les maires de France et leur redonner leur place, leur rôle et leurs moyens d’action légitimes au service du pays ?"