Gérard Larcher, Président du Sénat, était l’invité de Radio Classique

Gérard Larcher, président du Sénat et sénateur des Yvelines, était l’invité de Radio Classique le jeudi 20 septembre 2018.

Pourquoi l’affaire Benalla fait-elle autant paniquer le gouvernement ?

Il y a un contraste entre la sérénité du Sénat et l’agitation de l’exécutif. Le Sénat a montré ce qu’il doit être ; un contre-pouvoir, et son intervention a été la défense de l’institution. Parler de destitution quand on est Ministre en charge des relations avec le Parlement, c’est assez mal connaitre la procédure parlementaire.

Les sénateurs ont été convaincus par Benalla ?

C’était la 25ème audition, il y en aura encore d’autres, la Commission est indépendante et il lui appartiendra, sans empiéter sur la procédure judiciaire, de tirer des conclusions sur cette affaire et sur le fonctionnement du gouvernement et des pouvoirs publics.

Le pouvoir s’est coupé du Parlement et s’est coupé des corps intermédiaires avec des profondes fractures avec les territoires et les élus locaux.

On nous avait promis qu’il n’y aurait pas de fiscalité nouvelle, et on nous annonce hier la création d’une taxe sur les emprunts de 500 millions. Comment renouer un dialogue avec les territoires ? Le Président doit s’adresser sincèrement aux français.

Départ de Nicolas Hulot, annonce de Gérard Collomb pour sa candidature à Lyon :

Le Ministre de l’Intérieur avait eu les larmes aux yeux lors de la passation de pouvoir en mai 2017. Je vois que Lyon est plus fort que Macron dans son cœur. Ministre fragilisé avec des défis à relever ; terrorisme, cultes, islam, sécurité du quotidien… Il faudra que le Ministre et le Président tirent les conséquences de son annonce. Pour moi, l’engagement pour l’état et l’exécutif passe avant tout. Inversion de la hiérarchie de valeurs dans le nouveau monde.

Rentrée délicate pour le pouvoir ?

Il n’y a pas de diminution de la dépense publique. Il va y avoir la réforme des retraites, sujet important. Le Président veut reprendre l’examen de la révision constitutionnelle en décembre 2018 ou janvier 2019.

Un exécutif fort a besoin d’un Parlement fort, comme l’a montré l’affaire Benalla.

Nouveau monde :

Le nouveau monde s’est écrasé le 1er mai sur la place de la Contrescarpe.

Ce qui me préoccupe, c’est la rapidité avec laquelle le Président se voit très rapidement empêché d’agir. Il faut se poser la question de savoir si le fonctionnement de la démocratie et de notre exécutif est bon.

Les LR sont divisés sur l’affaire Viktor Orban :

J’aurai voté le rapport au Parlement européen car je suis attaché aux valeurs de l’état de droit. Mais en même temps, il faut qu’Orban demeure au PPE à la condition qu’il respecte la charte partagé par tous les pays. Il est important de garder la Hongrie dans l’union européenne, mais pas dans la négation des valeurs des pères fondateurs de l’Europe.