Gynécologie Médicale : Peut mieux faire !

Sensible à l’intervention de Catherine Troendle, Sénateur du Haut-Rhin, Vice-Présidente du Sénat, ainsi qu’à celle de plusieurs parlementaires, la Ministre des Solidarités et de la Santé vient de répondre positivement à leur requête, en portant à 82, le nombre de postes offerts aux épreuves classantes nationales en médecine pour la spécialité de gynécologie médicale, à la rentrée prochaine.

Il s’agit d’un pas dans la bonne direction, pour la Vice-Présidente du Sénat, mais qui ne doit pas faire oublier qu’il ne s’agit que d’une augmentation de 12 postes par rapport à 2016 - après une baisse de 6 postes l’année passée - et qu’étant donnée la pénurie actuelle, seules des mesures de grande ampleur, pourront permettre le maintien à un niveau acceptable de la qualité des soins prodigués aux femmes.

En effet, il n’y avait que 1136 gynécologues médicaux en exercice au 1er janvier 2017, pour 28 millions de femmes en âge de consulter. 6 départements français ne comptaient déjà plus de spécialiste à cette date et 16 départements n’en comptait plus qu’un seul.

La situation actuelle est particulièrement préoccupante. Un nombre croissant de femmes, jeunes en particulier, se retrouvent dans l’impossibilité de consulter un Gynécologue médical, du fait du vieillissement et donc du départ à la retraite de ces derniers, sans remplacement (en effet, 62% des professionnels actuels ont plus de 60 ans).

L’Alsace est tout particulièrement touchée avec une diminution des effectifs de Gynécologues médicaux de 41,1%, entre 2008 et 2015 et une prévision de diminution supplémentaire de 31,7% pour la période allant de 2015 à 2020 [1].

Catherine Troendle soutient l’action du Comité de Défense de Gynécologie Médicale (CDGM) qui en appelle à la « responsabilité de la Ministre en charge de la santé publique (…) de prendre de manière urgente, du fait de la situation exceptionnelle de la spécialité, toutes les dispositions exceptionnelles nécessaires. Afin de développer, pour les années à venir, la formation des médecins spécialistes que sont les gynécologues médicaux et enrayer ce qui représente une insupportable régression dans le domaine de la santé pour les millions de femmes de ce pays ».

[1] Source : Conseil National des Médecins, La Démographie Médicale en Région Alsace, Situation en 2015.