Journée mondiale de l’eau : en quoi la France est concernée ?

Aujourd’hui, c’est l’eau que nous célébrons grâce aux Nations Unies, qui, chaque 22 mars depuis 1992, nous rappelle, comme un son de cloche que l’eau est une ressource bien précieuse et que nous autres, citoyens, industriels, élus, nous devons, de manière collective, veiller à une gestion durable des ressources en eau. Cette journée mondiale a une vertu éducatrice et est une occasion de nous responsabiliser : l’eau est une ressource indispensable pour que la vie naisse et prospère. Elle est un droit humain à respecter.

L’eau est aussi au cœur d’enjeux économiques, sociaux, environnementaux. Elle a trait à l’énergie. A l’agriculture. A la santé publique. A l’écologie, l’industrie, la fiscalité, et bien sûr à l’organisation territoriale…

Le thème de cette année de la Journée mondiale de l’eau est plein de bon sens : « L’eau, la réponse est dans la nature  ». Il y a le cycle naturel de l’eau qui en témoigne bien sûr. Il y a aussi le fait que sans eau, toute préservation ou reconquête de la biodiversité sera impossible. L’eau est au cœur du développement durable.

L’eau, source de fracture territoriale

En France, la gestion et qualité de l’eau n’est pas acquise. L’eau devient même de plus en plus rare. Souvenons-nous des restrictions d’eau cet été dans 84 départements français.
Et pourtant en France, l’eau est la grande absente du débat. Comme si nous n’avions pas conscience que l’eau n’était pas une ressource inépuisable. Comme si nous considérions comme normal que l’eau potable coule du robinet, en flux tendu. Comme si nous ne nous soucions pas de la dégradation des infrastructures liées à l’eau et de l’entretien des systèmes d’eau courante.

Les canalisations, sous prétexte qu’elles sont invisibles, ne suscite pas la même mobilisation politique et sociale qu’un projet d’infrastructure type ligne à grande vitesse ou un projet d’aéroport. La fédération des Canalisateurs de France a déjà cependant mis en garde en 2011 sur la situation patrimoniale déplorable des canalisations. Cette dernière mériterait un investissement de 51 milliards d’euros.

Les canalisations sont un projet d’infrastructure structurant qu’il va falloir prendre au sérieux, au risque d’accélérer la fracture entre les territoires ruraux et les villes. En effet, selon la loi sur l’eau de 1964, le principe actuel du financement de l’eau est local.

Les enjeux et défis qui ont trait à l’eau sont donc multiples.
Cette Journée mondiale de l’eau nous concerne tous. Pour freiner la fracture territoriale et écologique, la prise de conscience doit être collective.

J’encourage ainsi fortement le Gouvernement à honorer sa promesse formulée lors du 100ème Congrès de l’Association des maires de France, concernant l’organisation des Assises de l’eau dans le courant de l’année. Ces Assises permettront d’entamer des réflexions sur les grandes questions de politique de l’eau, la qualité et le financement de l’eau dans les territoires.