Retraites agricoles : Quand le nouveau monde utilise des méthodes anciennes et ringardes

Le mercredi 7 mars 2018, le Sénat examinait en séance publique une proposition de loi visant à assurer la revalorisation des pensions de retraite agricoles en France continentale et dans les outre-mer.

Cette proposition de loi, votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en février 2017, sous l’ancien quinquennat, propose, entre autres, de revaloriser les pensions de retraite agricoles de 75% à 85% du SMIC et ce, dès 2018. La commission des affaires sociales du Sénat, saisie au fond, a adopté, à la quasi-unanimité, ce texte conforme, afin qu’il puisse être appliqué dans les meilleurs délais.

En séance publique, à notre plus grande surprise, le Gouvernement a souhaité recourir au vote bloqué, ce qui contraint le Sénat à un vote unique sur l’ensemble du texte et sur un amendement du Gouvernement visant à reporter cette revalorisation à 2020.

Le Groupe communiste républicain citoyen et écologiste, auteur du texte, a de ce fait retiré cette proposition de loi pour une réinscription en mai prochain.

Cette procédure du vote bloqué, certes conforme à la Constitution, reste très peu usitée en pratique. Utilisée dans un tel contexte, elle remet en cause le travail même des parlementaires. C’est au final le monde agricole qui est, une fois de plus, pénalisé !

Rencontrant régulièrement les agriculteurs du Pas-de-Calais, et dernièrement lors du Salon International de l’Agriculture, je connais leurs difficultés, leur détresse parfois, et ce manque de reconnaissance qu’ils subissent depuis déjà trop longtemps.

Soucieux du monde agricole, de la crise qu’il traverse et qui n’a que trop duré, de l’importance cruciale du monde rural, de sa vitalité, de son développement, je serai, bien évidemment, pleinement mobilisé lors du nouvel examen en mai de ce texte afin que les pensions de retraite agricoles puissent être revalorisées.