Réforme de la PAC : Ne tournons pas le dos à la première politique européenne !

Lundi 5 mars, le Sénateur de la Manche Jean Bizet a participé avec le Commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan à une réunion organisée au Parlement européen sur la prochaine réforme de la politique agricole commune.

Quelques jours après la présentation par la Commission européenne de plusieurs scénarios budgétaires allant jusqu’à une baisse de 30% des crédits agricoles, Jean Bizet a fermement rappelé au Commissaire l’absolue nécessité de maintenir à l’avenir le budget de la PAC.

« Nous ne pouvons tourner le dos à la première des politiques européennes, garante de l’équilibre financier de nos exploitations, de nos filières et de nos territoires. Il en va de l’indépendance alimentaire de notre continent » a-t-il déclaré.

Alors qu’Emmanuel Macron a d’ores et déjà donné des signaux positifs à une baisse substantielle du budget agricole, Phil Hogan s’est voulu rassurant sur le sujet. Le Sénateur a néanmoins prévenu : « les scénarios budgétaires incongrus qui sont évoqués aujourd’hui servent avant tout à préparer les esprits. Mais une baisse du budget de la PAC, même si elle s’avère moins déraisonnable qu’annoncé, n’en sera pas moins inacceptable ».

Sans dévoiler le contenu de ses propositions législatives attendues d’ici l’été, le Commissaire s’est par ailleurs montré réceptif aux autres axes tracés par le Sénateur : « nous ne devons pas oublier que la PAC est avant tout une politique économique. Les producteurs doivent avoir une capacité de regroupement et de négociation accrue face à leurs acheteurs, en particulier les centrales d’achat, sans craindre les foudres des autorités de la concurrence. Les pratiques commerciales déloyales dont ils sont régulièrement victimes doivent être plus efficacement combattues. Les filières doivent être davantage accompagnées dans leur modernisation et leur restructuration. Dans le même temps, les accords commerciaux ne peuvent être conclus sans assurer plus fermement aux agriculteurs européens des conditions de concurrence équitables. Enfin les outils de gestion des risques existants doivent être préservés et leur volet assurantiel doit être considérablement musclé pour permettre aux producteurs de faire face aux multiples aléas. C’est avant tout par la durabilité économique de l’activité agricole que nous pourrons assurer à la fois une durabilité sociale pour nos agriculteurs et une durabilité environnementale pour l’ensemble de nos concitoyens ».

Enfin, Jean Bizet est revenu sur les pistes avancées par la Commission pour l’architecture de la nouvelle PAC : « la frontière est pour l’instant bien ténue entre la volonté affichée de simplifier la PAC et de renforcer la subsidiarité, que nous soutenons pleinement, et le risque de renationaliser la politique agricole. Attention à ne pas aboutir à une situation qui favoriserait le développement de 27 politiques agricoles nationales concurrentes  ».